Les multithérapies restent pour le moment le meilleur moyen pour traiter le sida, un vaccin ne pouvant pas être mis au point avant dix ans, selon les spécialistes réunis la semaine dernière à Chicago (Illinois) pour une conférence sur les maladies infectieuses. Les progrès des thérapies, avec la combinaison de trois ou quatre médicaments, ont permis de diminuer de 44% aux Etats-Unis le nombre des décès (12.040) dus au sida au premier semestre de 1997, par rapport à la même période de l’année précédente. Ces résultats, révélés par le Dr Kevin De Cock, des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) d’Atlanta (Georgie), à la 5e conférence internationale sur les rétrovirus, sont encourageants. Ils sont principalement dus à l’application de trithérapies, et les recherches s’orientent de plus en plus maintenant vers des quadrithérapies. Les spécialistes ont rappelé que quelque 200 études avaient été réalisées sur différentes combinaisons de médicaments. Onze nouveaux produits ont été récemment mis sur le marché et quatre autres font l’objet de tests cliniques. Le Dr Scott Hammer, de la faculté de médecine de Harvard, à Boston (Massachusetts), a rapporté de son côté qu’un nouveau médicament, l’abacavir, des laboratoires Glaxo Wellcome, était efficace contre des souches du virus résistant aux produits utilisés jusqu’à présent. Le Dr David Ho, du centre de recherche sur le sida Aaron Diamond, a noté toutefois qu’il ne s’attendait pas à court terme à une avancée majeure. «Nous prévoyons des progrès réguliers», a-t-il dit, mais «nous avons encore des années devant nous» pour une découverte importante. Tous les spécialistes s’accordent à dire que les traitements impliquant plusieurs médicaments continueront à avoir peu d’impact sur la plupart des quelque 30,6 millions de malades dans le monde, dont la plupart vivent en Afrique et en Asie. Dans ces régions, a souligné le Dr Ho, «les médicaments sont extrêmement chers et difficiles à se procurer». Médicaments chers Aussi, de nombreux scientifiques demandent une accélération des travaux sur la mise au point d’un vaccin, seule option pour éradiquer la maladie dans le monde entier. «A l’heure actuelle, le virus a quelques longueurs d’avance sur nous», a déclaré le Pr David Baltimore, un chercheur de l’Institut de technologie de Californie. En effet, certaines thérapies ont permis de diminuer la charge virale chez les malades à des niveaux indétectables, mais ne l’ont jamais faite disparaître totalement. D’autre part, un nombre de plus en plus important de patients deviennent partiellement ou complètement résistants aux médicaments. Les traitements ont aussi des effets secondaires comme un taux élevé de cholestérol, du diabète, des calculs rénaux ou des maux de tête. Enfin, le suivi des traitements, avec plusieurs pilules à prendre plusieurs fois par jour, est très difficile. La découverte d’un vaccin reste donc essentielle. Plusieurs essais ont déjà été montés sur l’homme avec des produits de synthèse et des médecins américains souhaitent en faire avec un vaccin réalisé à partir d’une souche affaiblie, mais vivante, du virus. Mais le Pr David Baltimore a estimé à la conférence de Chicago qu’à son avis il ne fallait pas s’attendre à la mise au point d’un vaccin dans moins de dix ans. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les multithérapies restent pour le moment le meilleur moyen pour traiter le sida, un vaccin ne pouvant pas être mis au point avant dix ans, selon les spécialistes réunis la semaine dernière à Chicago (Illinois) pour une conférence sur les maladies infectieuses. Les progrès des thérapies, avec la combinaison de trois ou quatre médicaments, ont permis de diminuer de 44% aux Etats-Unis le nombre des décès (12.040) dus au sida au premier semestre de 1997, par rapport à la même période de l’année précédente. Ces résultats, révélés par le Dr Kevin De Cock, des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) d’Atlanta (Georgie), à la 5e conférence internationale sur les rétrovirus, sont encourageants. Ils sont principalement dus à l’application de trithérapies, et les recherches s’orientent de plus...