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Actualités - Chronologie

Chasse à la pornographie au Rwanda

Les autorités rwandaises ont décidé de faire la chasse aux films pornographiques et lancé une campagne de confiscation de cassettes vidéos, estimant qu’elles sont «contre la culture» du pays. «Ces films sont contre notre culture et menacent nos enfants», a déclaré le préfet de Kigali, Protaïs Musoni. «Ces films pornographiques sont interdits par la loi rwandaise depuis 1962. Avant, la loi n’était pas vraiment appliquée parce que l’on ne savait même pas que ce commerce existait», a ajouté le préfet. Interrogé sur l’opportunité de telles mesures dans le contexte actuel du Rwanda, Portais Musoni a précisé que la lutte contre le développement de la pornographie «n’est pas une priorité mais l’un des problèmes contre lesquels nous devons lutter, au même titre que la drogue». La chasse aux films pornographiques a commencé la semaine dernière dans la capitale rwandaise. «Avant, c’était autorisé, certains collègues avaient ce genre de cassettes sur leurs étagères, on ne les cachait pas mais on ne les louait qu’aux adultes pour 500 francs rwandais» (1,7 dollar), a déclaré le propriétaire d’un vidéo-club du centre de Kigali, qui a souhaité garder l’anonymat. «Lorsque les autorités sont venues, elles ont confisqué les huit vidéos pornos que je venais d’acheter, sans donner ni reçu, ni argent», a-t-il ajouté. «Les cassettes confisquées sont détruites», a précisé le préfet de Kigali. Ces mesures soudaines d’interdiction sont ressenties comme une injustice par les loueurs de cassettes. Décalage «Les autorités feraient mieux de s’attaquer aux petits clubs «privés» où il y a des projections de pornos auxquelles assistent des enfants», a déclaré le propriétaire d’un autre vidéo-club, estimant que «l’on ne peut pas empêcher les adultes de regarder ce qu’ils veulent». D’autres estiment que ces mesures sont faites pour favoriser certaines «personnes haut placées» qui veulent se réserver ce commerce. «Le Rwanda-ciné (un cinéma du quartier Kucukiro de Kigali) organise des projections publiques de films pornographiques pour 1.000 francs rwandais (un peu plus de trois dollars) la séance, et pour l’instant, ce n’est pas interdit», a expliqué l’un des mécontents. «Il y a une absence de loi sur les vidéo-clubs et les salles de cinéma au Rwanda. Dès que nous serons en mesure de le faire nous essaierons également de traiter ce problème», précise le préfet de Kigali. Ces mesures paraissent décalées par rapport aux préoccupations actuelles du Rwanda. «La consommation de vidéo-cassettes concerne peut-être 10% de la population de Kigali, et dans ces 10% beaucoup d’expatriés. Dans le reste du pays peu de foyers sont équipés d’une TV et d’un magnétoscope», estime un observateur étranger. «Il y a sept magasins de TV et de vidéo à Kigali, je pense que s’il y en a autant c’est qu’il y a des clients», répond le préfet. «Si les vidéos sont interdites, il va également falloir interdire les revues à caractère pornographique», s’indigne un patron de club-vidéo en montrant des photos suggestives dans un magazine français. Et d’ajouter: «Ce journal, on peut l’acheter ici-même, à la librairie Caritas (une ONG religieuse installée à Kigali), et il est en vente libre...». (AFP)
Les autorités rwandaises ont décidé de faire la chasse aux films pornographiques et lancé une campagne de confiscation de cassettes vidéos, estimant qu’elles sont «contre la culture» du pays. «Ces films sont contre notre culture et menacent nos enfants», a déclaré le préfet de Kigali, Protaïs Musoni. «Ces films pornographiques sont interdits par la loi rwandaise depuis 1962. Avant, la loi n’était pas vraiment appliquée parce que l’on ne savait même pas que ce commerce existait», a ajouté le préfet. Interrogé sur l’opportunité de telles mesures dans le contexte actuel du Rwanda, Portais Musoni a précisé que la lutte contre le développement de la pornographie «n’est pas une priorité mais l’un des problèmes contre lesquels nous devons lutter, au même titre que la drogue». La chasse aux films...