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Actualités - Communiques Et Declarations

Joumblatt dénonce le développement au service des nantis

Le ministre des Déplacés, M. Walid Joumblatt, a expliqué hier, devant de nombreuses délégations populaires, à Moukhtara, qu’«il n’existe pas un différend personnel entre le bloc parlementaire qu’il préside et le président du Conseil M. Rafic Hariri, mais bien une divergence de point de vue sur l’essence même du concept de développement». M. Joumblatt a indiqué à ses visiteurs que, pour éviter tout malentendu à l’avenir, «il compte présenter dans la quinzaine au Conseil des ministres un mémorandum où figurerait sa conception de ce que doit être le développement». «Pour échapper au piège que le président du Conseil essaie de nous tendre à travers le projet qu’il a conçu pour le développement des régions les plus défavorisées et qui vise à créer une ambiance de suspicion entre les régions et à amadouer certains notables locaux, nous comptons présenter au Conseil des ministres une contre-proposition, sous forme d’une étude qui comporte notre propre vision du concept de développement», a indiqué M. Joumblatt à ses visiteurs. Pour le ministre des Déplacés, le vrai développement «est celui qui porte sur l’homme et non sur la matière», et, dans le cas du Liban, «la meilleure réponse à donner à la crise de nos régions les plus défavorisées est une politique qui aboutisse à l’amélioration du niveau de vie de leurs habitants, véritable développement en profondeur». M. Joumblatt a martelé à plusieurs reprises devant la foule qui l’écoutait que «le différend qui oppose le bloc parlementaire qu’il préside à M. Hariri n’est en rien personnel», mais qu’il concrétise «la vision que chacune des deux parties a aussi du problème des déplacés». «Nous nous opposons aussi à M. Hariri sur le dossier des déplacés, qui, de prioritaire, a fini par être marginalisé», a expliqué M. Joumblatt, avant de poursuivre: «Dernièrement, j’ai été mis au courant du projet de construction d’un pont qui surplomberait la région d’Ouzaï, une façon de cacher aux autres à cette minorité possédante, le visage de notre misère sociale». Pour M. Joumblatt, cela s’appelle «mettre la technique au service d’un certain développement de nantis, qui consiste à cacher à l’investisseur arabe le vrai visage de notre réalité sociale qu’il s’agit de camoufler à travers les ponts et les passages fermés qu’on construit au-dessus de zones les plus déshéritées et qui, une fois contournées, ne feront plus l’objet de la moindre attention». C’est dans cette optique que M. Joumblatt a expliqué à ses visiteurs les raisons qui ont porté le ministre de l’Environnement, M. Akram Chéhayeb, membre du bloc parlementaire de M. Joumblatt, à se désolidariser du Conseil des ministres et à ne pas voter le projet du budget pour l’année 1998. «Il ne s’agit pas d’un différend personnel entre Akram Chéhayeb et Rafic Hariri, et si notre présence, M. Chéhayeb et moi-même, au sein du gouvernement, commence à déranger, notamment M. Hariri, il nous revient à nous de décider du moment où il nous faudra quitter le ministère», a conclu M. Joumblatt.
Le ministre des Déplacés, M. Walid Joumblatt, a expliqué hier, devant de nombreuses délégations populaires, à Moukhtara, qu’«il n’existe pas un différend personnel entre le bloc parlementaire qu’il préside et le président du Conseil M. Rafic Hariri, mais bien une divergence de point de vue sur l’essence même du concept de développement». M. Joumblatt a indiqué à ses visiteurs que, pour éviter tout malentendu à l’avenir, «il compte présenter dans la quinzaine au Conseil des ministres un mémorandum où figurerait sa conception de ce que doit être le développement». «Pour échapper au piège que le président du Conseil essaie de nous tendre à travers le projet qu’il a conçu pour le développement des régions les plus défavorisées et qui vise à créer une ambiance de suspicion entre les régions et...