Quelque 500.000 Chypriotes-Grecs sont appelés aux urnes dimanche pour le premier tour de l’élection présidentielle qui oppose sept candidats, dont le président sortant Glafcos Cléridès, âgé de 79 ans. M. Cléridès et son principal rival George Iacovou, 60 ans, paraissent sûrs de se retrouver face à face au deuxième tour du scrutin, prévu le 15 février, selon les derniers sondages qui accordent aux deux hommes quelque 40% des voix au premier tour. En cas de duel entre les deux hommes au deuxième tour, les sondages font état d’une part importante d’indécis (10 à 15%) parmi les 650.000 Chypriotes-Grecs de la partie sud de l’île. Seuls les Chypriotes-Grecs sont habilités à voter, car les Chypriotes-Turcs devaient élire le vice-président selon la constitution de 1960. Mais celle-ci n’est plus appliquée depuis les troubles inter-communautaires de 1963 ayant précédés l’invasion turque en 1974 du nord de l’île, où a été autoproclamée, en 1983, une République turque de Chypre du Nord (RTCN) reconnue uniquement par Ankara. M. Cléridès devrait obtenir 95% des votes du parti DISY (conservateur) dont il été le fondateur et le chef jusqu’en 1993 et qui a obtenu 34% des votes aux législatives de 1996. Le président sortant se voit également accorder certains votes du Parti démocratique (DIKO, centre-droit 16,4%) dont un ténor dissident, Alexis Galanos (57 ans), est également candidat. M. Iacovou, soutenu par le puissant parti de gauche Akel (ex-communiste, 30%), devrait également recevoir 40% des votes de DIKO, selon les sondages. Quatre chefs de partis sont également en lice, celui du parti socialiste EDEK Vassos Lyssaridis (77 ans), des Démocrates Libres George Vassiliou (66 ans), du Parti Libéral Nicos Rolandis (65 ans) et des «Nouveaux Horizons» Nicos Koutsou (51 ans). Ils obtiennent chacun 2% des intentions de vote. Les sondages sont interdits depuis jeudi, mais les débats télévisés, et pour la première fois des clips publicitaires, se poursuivent avec acharnement. M. Iacovou, qui fut chef de diplomatie de 1978 à 1988, y est décrit par ses adversaires comme «incapable de diriger, faute d’envergure politique», alors que la gestion de M. Cléridès est battue en brèche sur tous les plans, notamment en économie. Toutefois, les divergences portent moins sur les objectifs (règlement du problème communautaire) que sur les personnalités des candidats. Le vote est obligatoire pour les 446.731 électeurs inscrits, 48.000 de plus qu’en 1993. Pour la première fois, l’âge légal a été abaissé à 18 ans, ce qui va conduire aux urnes 27.000 jeunes gens n’ayant pas connu l’île avant sa division. Dans les 1.000 bureaux de vote ouverts de 07h00 à 17h00 (05h00 à 15h00 GMT), les électeurs se verront remettre un seul bulletin portant les photos et les noms des sept candidats en lice. Ils désigneront celui de leur choix par une croix. (AFP)
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