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Actualités - Chronologie

Trente-quatre ans de conflit intercommunautaire à Chypre

Chypre, où se déroule dimanche une élection présidentielle, est devenu synonyme d’un conflit que l’ONU s’efforce de résoudre depuis les premiers heurts entre Chypriotes-grecs et turcs en 1963. En 1960, Londres accorde son indépendance à Chypre. Les trois puissances garantes de cette indépendance — Grande-Bretagne, Grèce et Turquie — dotent cette île de Méditerranée orientale d’une Constitution censée la mettre à l’abri des conflits inter-communautaires, et se réservent le droit d’intervenir pour garantir son indépendance. Les Chypriotes-turcs (18% de la population), qui réclamaient la partition de l’île, obtiennent la vice-présidence de l’Etat et 30% des membres du gouvernement et du Parlement. Les Chypriotes-grecs obtiennent la présidence, qui revient au père de l’indépendance, Mgr Makarios, lequel doit rapidement en découdre avec les ultra-nationalistes chypriotes-grecs qui aspirent au rattachement à la Grèce. Les premiers conflits intercommunautaires conduisent en 1963 les Chypriotes-turcs à se retirer des institutions de l’Etat. L’ONU crée en mars 1964 une force de paix à Chypre, l’UNFICYP, qui protège les zones enclavées de l’une ou l’autre communauté pour prévenir les heurts. En juillet 1974, Mgr Makarios demande à Athènes de retirer de l’île les officiers grecs qui soutiennent les partisans du rattachement à la Grèce (ENOSIS). Ceux-ci ripostent par un coup d’Etat le 15 juillet et des combats inter-grecs font 200 morts. La Turquie lance alors une «opération de paix pour protéger les Chypriotes-turcs» et ses troupes débarquent le 20 juillet à Kyrénia (Nord). Le «régime des colonels» tombe à Athènes et les putshistes à Nicosie sont écartés. Le chef du Parlement, l’actuel président de la République Glafcos Cléridès, assure l’intérim présidentiel jusqu’à fin 1974, date à laquelle Mgr Makarios reprend ses fonctions jusqu’à sa mort en août 1977. Le Conseil de Sécurité de l’ONU réclame le retrait des troupes étrangères et des pourparlers sous son égide échouent à Genève. L’armée turque avance plus à l’Est, pour contrôler 37% de l’île le 16 août. Echange des populations En février 1975, le leader chypriote-turc Rauf Denktash proclame l’«Etat fédéral turc de Chypre», avant de signer avec M. Cléridès un accord sur l’échange des populations: 110.000 Chypriotes-turcs se regroupent au Nord, alors que 585.000 Chypriotes-grecs, dont 180.000 refoulés du Nord, vivent au Sud. Depuis cette partition de fait, l’ONU tente de réunifier l’île au sein d’un Etat fédéral bizonal et bicommunautaire, accepté par M. Denktash dans des accords conclus en 1977 avec Mgr Makarios et 1979 avec son successeur Spyros Kyprianou. En 1983, M. Denktash proclame la «République Turque de Chypre du Nord» (RTCN), qui n’est pas reconnue par la communauté internationale. L’ONU organise sans succès, entre 1984 et 1987, plusieurs rounds de pourparlers entre MM. Kyprianou et Denktash. A partir de 1988, le nouveau président George Vassiliou accélère le processus qui débouche en 1992 sur un «ensemble d’idées» proposé par l’ONU sur les contours du futur Etat fédéral. Il est rejeté par M. Denktash, alors que M. Vassiliou, accusé d’avoir fait trop de concessions, est battu en 1993 par M. Cléridès. Fin 1993, Chypre signe un accord de défense commune avec la Grèce, qui inclut le Sud de l’île dans son espace de défense aérienne et prévoit la création d’une base navale et d’un aéroport militaire à Paphos (Ouest). Début 1997, Nicosie commande des missiles sol-air russes livrables en 1998. Entre-temps, en 1990, Chypre avait présenté sa candidature à l’Union européenne. A l’automne 1997, l’UE annonce que les négociations d’adhésion de Chypre commenceront en avril prochain. M. Denktash et le gouvernement turc ripostent par une intégration accrue la RTCN à la Turquie. (AFP)
Chypre, où se déroule dimanche une élection présidentielle, est devenu synonyme d’un conflit que l’ONU s’efforce de résoudre depuis les premiers heurts entre Chypriotes-grecs et turcs en 1963. En 1960, Londres accorde son indépendance à Chypre. Les trois puissances garantes de cette indépendance — Grande-Bretagne, Grèce et Turquie — dotent cette île de Méditerranée orientale d’une Constitution censée la mettre à l’abri des conflits inter-communautaires, et se réservent le droit d’intervenir pour garantir son indépendance. Les Chypriotes-turcs (18% de la population), qui réclamaient la partition de l’île, obtiennent la vice-présidence de l’Etat et 30% des membres du gouvernement et du Parlement. Les Chypriotes-grecs obtiennent la présidence, qui revient au père de l’indépendance, Mgr Makarios,...