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Actualités - Chronologie

Football Pénurie de billets Le mondial victime de son succès

Confronté à un véritable tir de barrage en Europe, le Comité français d’organisation (CFO) de la Coupe du monde de football défend sa politique de billetterie, qu’il estime équilibrée, compte tenu de l’énorme intérêt suscité par le Mondial 98. «On aurait pu craindre au départ que les stades ne soient pas remplis. On sait désormais que cela ne sera pas le cas et il faut s’en réjouir», déclare à Reuter Isabelle Delaye, responsable de la billetterie au CFO. Sur les épaules de cette jeune femme de 35 ans, diplômée de HEC et consultant en matière de billetterie pour les Jeux olympiques d’Albertville en 1992, repose la responsabilité de la commercialisation des quelque 2,5 millions de billets disponibles pour l’événement. Sur ce total, près de deux millions ont déjà trouvé preneur, et certains pays voisins de la France, comme l’Angleterre, la Belgique ou les Pays-Bas, ont déploré en termes quelquefois très vifs le quota, bien trop maigre à leurs yeux, qui leur a été attribué. La politique des organisateurs en matière de billetterie a reçu l’aval de la Fédération internationale de football association (FIFA), rappelle Isabelle Delaye, qui souligne que les conditions qui prévalent pour le Mondial en France diffèrent grandement de celles de la World Cup de 1994 aux Etats-Unis. «Pour la Coupe du monde 1994, 3,5 millions de billets avaient été mis en vente, les stades étant plus grands que les stades français (70.000 places en moyenne, contre 30.000 à 40.000 places en France)», déclare-t-elle. «Avec 32 équipes qualifiées contre 24 aux Etats-Unis, il y a donc obligatoirement moins de billets en vente par match», ajoute Isabelle Delaye, en précisant que la place allouée à la presse et aux officiels, elle, ne change pas. Ainsi, au Stade de France de St-Denis, qui peut contenir 80.000 places, la presse occupe, avec 1.750 places, l’équivalent de 6.800 sièges spectateurs. Succès populaire annoncé A ces contraintes incontournables, viennent s’ajouter une série de facteurs qui ont fait du Mondial 98 le succès populaire annoncé, fait remarquer Isabelle Delaye. La Coupe du monde se déroule cette année dans un pays et sur un continent de football, dont toutes les nations faisant partie du gotha du jeu — Allemagne, Italie, Espagne, Angleterre ou encore Pays-Bas — se sont qualifiées Ainsi, le choc du 13 juin au Grand Stade entre la Belgique et les Pays-Bas a suscité pas moins de 120.000 demandes de billets en Belgique, alors que la fédération de ce pays ne devrait recevoir que quelques milliers de sésames. La position géographique centrale de la France en Europe, la démocratisation des transports et leur rapidité ne font qu’amplifier le phénomène. En outre, la vente de billets a aussi été stimulée par la présence en France d’une importante communauté marocaine et tunisienne, deux pays qualifiés. L’attrait qu’exerce le pays organisateur auprès des touristes — la France est la première destination touristique mondiale avec 67 millions de visiteurs l’an dernier — joue également un rôle essentiel. Enfin, les éliminatoires ont permis la qualification de deux des principales puissances asiatiques, le Japon et la Corée du Sud, qui, de surcroît, organiseront en commun l’édition 2002 de la Coupe du monde dans un continent qui s’éveille au football. Tous les ingrédients sont donc réunis pour un succès, dit-on au CFO, où les critiques émises à l’étranger concernant un Mondial «détourné» par les Français à leur seul profit ne passent pas. «Nous ne pouvons pas dire combien de billets ont été vendus à des Français, car nous n’avons pas demandé la nationalité des acheteurs», note Isabelle Delaye. Engouement «Le quota de billets vendus par la Fifa à travers les fédérations des pays qualifiés était de 15% en 1994; nous l’avons fait passer à 20% cette année», souligne-t-elle. Le CFO reconnaît avoir été un peu surpris par la rapidité avec laquelle ont été écoulés les billets du premier tour vendus en «pass» entre mai 1996 et mai 1997. Au total, 1,27 million de billets ont ainsi été vendus par lot de cinq ou six matches. Pour les 200.000 billets de quarts de finale, demi-finales et finale mis en vente à l’automne dernier, le CFO a reçu plus d’un million de demandes. Les billets ont été attribués par tirage au sort. Face à cet engouement, le CFO exhorte les supporters, en France comme à l’étranger, à s’assurer que l’agence ou le tour opérateur leur proposant des billets est bien agréé par les organisateurs. «Il suffit de consulter le site Internet du CFO (www.FRANCE98.com) ou de s’adresser à la fédération concernée», dit Isabelle Delaye, qui appelle chaque acheteur potentiel à la «vigilance». Le CFO reconnaît d’ailleurs avoir engagé des poursuites judiciaires contre «un certain nombre» de firmes pratiquant des tarifs prohibitifs sans même, pour certaines, avoir l’assurance de détenir à terme les billets qui ne seront effectivement distribués que quelques semaines avant l’événement. «Peu après ma nomination, j’ai été une personne très courtisée, dit avec un sourire Isabelle Delaye. Aujourd’hui, j’aurais plutôt tendance à être très impopulaire en raison de la pénurie». Cette responsabilité lui vaut actuellement quelques déboires dans certains organes de la presse européenne. Ainsi, un journal londonien à grand tirage a publié sa photo dimanche, la tête coincée sous la guillotine avec comme légende: «Coupez-lui la tête!». L’hebdomadaire incite ses lecteurs à faire pression sur elle pour obtenir davantage de billets et fournit en prime l’adresse et le numéro de téléphone du CFO. Même si Isabelle Delaye trouve «injustes» la virulence du propos et la méthode employée, la responsable de la billetterie semble prête à affronter les critiques. «Je suis payée pour dire non», affirme-t-elle. (Reuters)
Confronté à un véritable tir de barrage en Europe, le Comité français d’organisation (CFO) de la Coupe du monde de football défend sa politique de billetterie, qu’il estime équilibrée, compte tenu de l’énorme intérêt suscité par le Mondial 98. «On aurait pu craindre au départ que les stades ne soient pas remplis. On sait désormais que cela ne sera pas le cas et il faut s’en réjouir», déclare à Reuter Isabelle Delaye, responsable de la billetterie au CFO. Sur les épaules de cette jeune femme de 35 ans, diplômée de HEC et consultant en matière de billetterie pour les Jeux olympiques d’Albertville en 1992, repose la responsabilité de la commercialisation des quelque 2,5 millions de billets disponibles pour l’événement. Sur ce total, près de deux millions ont déjà trouvé preneur, et certains pays...