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Actualités - Chronologie

Menaces racistes dans le monde virtuel d'Internet

Un homme jugé pour avoir menacé par message électronique 59 étudiants asiatiques d’une université californienne pourrait être le premier accusé aux Etats-Unis à être condamné pour un crime raciste perpétré dans le monde virtuel d’Internet. «Quelle que soit la décision du jury, ce procès adresse à tous un message clair, à savoir que les crimes racistes sont une offense assez sérieuse pour tomber sous le coup de la justice, y compris lorsqu’ils ont lieu dans le cyber-espace», déclare le procureur Mavis Lee, jointe par téléphone à Santa Ana, en Californie. Premier procès du genre à faire intervenir la justice américaine au niveau fédéral, le cas de Richard Machado pourrait faire jurisprudence. Au moins trois autres cas semblables sont en attente sur le bureau du procureur général de Los Angeles. Agé de 20 ans, M. Machado est officiellement accusé d’avoir porté atteinte au droit de tout individu de se livrer à une activité protégée par la loi fédérale américaine quelle que soit sa race, sa couleur, ou sa nationalité. En l’occurrence, il aurait porté atteinte au droit d’une soixantaine d’Asiatiques de suivre librement des cours à l’université californienne d’Irvine en menaçant leur vie, a déclaré Mme Lee. Il risque une peine maximale de deux ans de prison. La question essentielle à laquelle le jury va être tenu de répondre est de savoir si le message rédigé par M. Machado était une menace réelle, ou s’il s’agissait simplement d’un acte de provocation. «En ce qui me concerne, je vais consacrer ma vie à la mission de trouver et tuer chacun d’entre vous personnellement», affirmait notamment M. Machado dans le message adressé à chacun des étudiants. Stratégie En novembre dernier, un premier procès s’est achevé dans l’impasse, neuf jurés sur douze ayant voté l’acquittement. Or, l’unanimité est requise. Forte de cette expérience, l’accusation affirme avoir révisé sa stratégie. Elle s’est toutefois refusée à entrer dans les détails avant la fin du procès prévue la semaine prochaine. L’avocate de M. Machado, Sylvia Torres-Guillen, s’est refusée à tout commentaire, invoquant le silence auquel elle est tenue pendant la durée du procès. En novembre, elle avait décrit son client comme un adolescent perturbé coupable d’une farce de mauvais goût. Premier membre de sa famille à entrer à l’université, le jeune Machado n’avait pas osé avouer qu’il ne suivait plus les cours à la suite de la mort de son frère aîné, tué dans un détournement de voiture à Los Angeles. Il continuait à se laisser conduire quotidiennement par un autre frère sur le campus, où il passait ses journées enfermé dans une salle d’informatique. C’est de là, en septembre 1996, qu’il a envoyé le message. «S’il avait affiché (ses propos) sur un site web et qu’il était poursuivi en justice pour cela, je sauterais probablement dans le premier avion pour aller prendre sa défense», a déclaré Mike Godwin, membre de la Fondation pour la Frontière Electronique, une organisation de défense des droits civiques sur Internet basée à San Francisco. Or, le message a été personnellement adressé à des individus, ce qui, selon M. Godwin, rend la dimension d’Internet secondaire puisqu’il s’agit d’une action comparable à celle d’envoyer une lettre de menace par la poste. Le cas Machado est un signe des ajustements opérés par la société pour intégrer les technologies de l’information, estime de son côté Carey Heckman, professeur de droit à l’université de Stanford.(AFP)
Un homme jugé pour avoir menacé par message électronique 59 étudiants asiatiques d’une université californienne pourrait être le premier accusé aux Etats-Unis à être condamné pour un crime raciste perpétré dans le monde virtuel d’Internet. «Quelle que soit la décision du jury, ce procès adresse à tous un message clair, à savoir que les crimes racistes sont une offense assez sérieuse pour tomber sous le coup de la justice, y compris lorsqu’ils ont lieu dans le cyber-espace», déclare le procureur Mavis Lee, jointe par téléphone à Santa Ana, en Californie. Premier procès du genre à faire intervenir la justice américaine au niveau fédéral, le cas de Richard Machado pourrait faire jurisprudence. Au moins trois autres cas semblables sont en attente sur le bureau du procureur général de Los Angeles. Agé de...