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Actualités - Chronologie

L'affaire Monica plane sur Davos

Le scandale sexuel à la Maison-Blanche a fait douter les premiers intervenants du Forum international de Davos de la capacité des Etats-Unis à diriger le monde dans une période d’instabilité et de risques accrus. «Les points chauds du monde ne comprennent pas les relations sexuelles à la Maison-Blanche», a plaisanté Richard Haass, directeur pour les études internationales de la Brookings Institution, Etats-Unis, en ouvrant la réunion de quelque 2.000 dirigeants d’entreprise, chefs d’Etat et de gouvernement et analystes de tous horizons pour les traditionnelles rencontres dans la station suisse. Mais l’affaire Monica Lewinsky s’est imposée bien avant une intervention prévue lundi de la First Lady Hillary Clinton sur le thème de la responsabilité individuelle, et en attendant les discours jeudi soir de premiers dirigeants politiques, le chancelier allemand Helmut Kohl, le premier ministre thaïlandais Chuan Leepkai et le président suisse Flavio Cotti, sur des sujets a priori plus graves. La relation sexuelle présumée entre le président Bill Clinton et la jeune stagiaire désormais célèbre de la Maison-Blanche a été présentée comme symptomatique de la difficulté de trouver un vrai leadership mondial pour affronter la montée des périls en Irak, au Moyen-Orient, en Asie et autres points chauds. En l’absence d’institutions internationales capables de gérer un monde de plus en plus intégré, «la seule solution de rechange ce sont les Etats-Unis», a noté Claude Moïsi, directeur adjoint de l’Institut français des relations internationales, lors d’une table ronde entre analystes intitulée «Priorités géopolitiques». Mais cet «empire provincial» hésite à assumer pleinement ses responsabilités internationales. «Les citoyens américains en savent plus sur la géographie de la Maison-Blanche que sur celle du monde», a-t-il ironisé. «Le principal dilemme pour nous est que nous ne pouvons rien faire sans les Etats-Unis. Mais que pouvons-nous faire avec eux seuls», a demandé l’analyste européen? Repli néo-isolationniste Pour l’Américain Haass également, le risque est moins de voir les Etats-Unis se comporter en gendarme du monde qu’un repli néo-isolationniste. Cette tendance est déjà illustrée par les réticences du Congrès à doter le Fonds monétaire international (FMI) d’argent frais pour renflouer les économies d’Asie en crise ou à voter une législation permettant à la présidence de conclure rapidement des accords commerciaux internationaux (fast-track). La crise économique et politique au Japon en particulier risque de renforcer les réflexes protectionnistes aux Etats-Unis si Tokyo choisit la stratégie des exportations intensives, a ajouté M. Haass. Le pire scénario, a ajouté M. Moïsi, combinerait une paralysie du leadership américain pendant plusieurs mois avec la crise japonaise. Plusieurs analystes ont identifié d’autres grands problèmes de cette fin de siècle où le leadership des Etats-Unis peut se révéler déterminant: l’émergence de la Chine comme puissance mondiale et son intégration dans la communauté internationale, le déclin parallèle de la Russie, la mondialisation des marchés mais aussi du terrorisme, du crime organisé, des épidémies, des mouvements de population. Mais pour un dirigeant d’un grand constructeur aéronautique européen, le «Monicagate» a des implications beaucoup plus immédiates et terre à terre. «Quand M. Clinton fait des frasques, cela fait chuter le dollar. Nous vendons en dollars et nous préférons un dollar fort», a dit l’industriel qui a demandé l’anonymat. (AFP)
Le scandale sexuel à la Maison-Blanche a fait douter les premiers intervenants du Forum international de Davos de la capacité des Etats-Unis à diriger le monde dans une période d’instabilité et de risques accrus. «Les points chauds du monde ne comprennent pas les relations sexuelles à la Maison-Blanche», a plaisanté Richard Haass, directeur pour les études internationales de la Brookings Institution, Etats-Unis, en ouvrant la réunion de quelque 2.000 dirigeants d’entreprise, chefs d’Etat et de gouvernement et analystes de tous horizons pour les traditionnelles rencontres dans la station suisse. Mais l’affaire Monica Lewinsky s’est imposée bien avant une intervention prévue lundi de la First Lady Hillary Clinton sur le thème de la responsabilité individuelle, et en attendant les discours jeudi soir de premiers...