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Actualités - Chronologie

L'Amérique profonde refuse l'hystérie médiatique

L’Amérique profonde, saturée d’informations sur le scandale sexuel de la Maison-Blanche, n’a pas cédé à «l’hystérie» médiatique qui a saisi Washington. Tandis que dans la capitale fédérale, les cameramen des chaînes de télévision continuent de faire le guet jour et nuit devant le moindre immeuble susceptible d’abriter les acteurs du drame, de Monica Lewinsky au procureur de l’affaire Kenneth Starr, le reste de l’Amérique reste imperturbable face aux frasques supposées de son président. La cote de popularité du président Clinton a même grimpé au niveau record de 73% d’Américains satisfaits de son action, selon un sondage publié par la chaîne de télévision CBS. Ce sondage, réalisé après le discours de Bill Clinton sur l’état de l’Union mardi soir, montre aussi que, pour la première fois, une majorité (52%) de républicains sont satisfaits du président démocrate. La plupart des Américains ont reçu avec optimisme le message sur l’état de l’Union donné par un président dynamique rendu au respect dû à sa fonction et définissant les grandes priorités de son pays pour le prochain millénaire. Et des milliers de personnes sont allées l’attendre dans le froid pendant des heures lors de son voyage éclair dans l’Illinois et le Wisconsin, pour l’applaudir. Dans les débats de radio et de télévision, de même que dans les colonnes de journaux de province, la lassitude et le dégoût s’expriment maintenant ouvertement face au déballage sexuel sans précédent sur un président américain en exercice. «La frénésie médiatique, les journalistes demandant des détails sur le passé de Lewinsky ou s’intéressant à son linge sale (littéralement), a dégoûté les gens», notait le Chicago Tribune dans un éditorial. Le mea culpa des journalistes L’émission d’information matinale de National Public Radio, une station réputée pour son sérieux, a vu les appels et le volume de courrier électronique de ses auditeurs tripler depuis le début du scandale, la grande majorité d’entre eux demandant que l’on arrête net de parler de l’affaire. Vendredi, les derniers détails de l’affaire ne figuraient d’ailleurs déjà plus dans les titres du journal du matin de NPR. «Cela suffit comme ça», disent également en substance les auditeurs de débats en Californie ou dans l’Indiana qui se disent moins intéressés par les détails, même croustillants, de l’intimité de Bill Clinton que par l’avenir de leur plan de retraite ou leur couverture médicale. Selon un sondage rendu public par le quotidien USA Today et la chaîne CNN, 72 pour cent des Américains estiment que la presse en a trop fait. La couverture par la télévision américaine de l’affaire Lewinsky a été plus développée que celle de la mort de la princesse Diana pour une période de temps comparable, selon une étude du Centre pour les médias et les affaires publiques. Cette étude note également que les télévisions américaines ont consacré plus de temps à l’affaire qu’à tous les autres scandales auxquels a été associé Bill Clinton — Gennifer Flowers, Paula Jones, Whitewater — mis bout à bout. Après la frénésie initiale, la presse elle-même semble vouloir battre en retraite. Les trois présenteurs vedettes de CBS, ABC et NBC, Dan Rather, Peter Jennings et Tom Brokaw, qui ont plié précipitamment bagage depuis Cuba où ils étaient allés couvrir la visite historique du pape Jean-Paul II, semblent maintenant un peu dégrisés. Evoquant le scandale, Dan Rather a même déclaré «détester» avoir à le couvrir. «J’aurais aimé ne pas avoir à le faire, dit-il, tous ces détails sexuels, ce côté sordide, ce n’est pas pour ce genre d’histoires que je fais du journalisme». Le directeur de l’information du magazine Time, Walter Isaacson, avouait quant à lui sur CNN que «si l’on regarde tout le scénario, il semble bien que nous ayons perdu la tête». (AFP)
L’Amérique profonde, saturée d’informations sur le scandale sexuel de la Maison-Blanche, n’a pas cédé à «l’hystérie» médiatique qui a saisi Washington. Tandis que dans la capitale fédérale, les cameramen des chaînes de télévision continuent de faire le guet jour et nuit devant le moindre immeuble susceptible d’abriter les acteurs du drame, de Monica Lewinsky au procureur de l’affaire Kenneth Starr, le reste de l’Amérique reste imperturbable face aux frasques supposées de son président. La cote de popularité du président Clinton a même grimpé au niveau record de 73% d’Américains satisfaits de son action, selon un sondage publié par la chaîne de télévision CBS. Ce sondage, réalisé après le discours de Bill Clinton sur l’état de l’Union mardi soir, montre aussi que, pour la première fois,...