Le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright a exposé dimanche au président palestinien Yasser Arafat de «nouvelles idées» pour sortir le processus de paix de l’impasse. Mme Albright, qui avait vu la veille au soir le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a rencontré M. Arafat à Ramallah en Cisjordanie. Elle devait ensuite revenir à Jérusalem pour donner une conférence de presse. Au cours de sa rencontre avec M. Netanyahu, qui a duré quatre heures et demi, deux fois plus que prévu, Mme Albright lui a présenté «des idées supplémentaires, nouvelles» sur la manière de relancer les négociations de paix bloquées depuis 10 mois, a indiqué le porte-parole du département d’Etat, James Rubin. Mme Albright devait en faire part au président Arafat, a ajouté M. Rubin. Cependant, le Comité exécutif de l’OLP a rejeté samedi soir la demande israélienne d’une nouvelle révision de la charte nationale palestinienne, ont indiqué dimanche des membres du comité. La demande d’annulation de la charte, encore réaffirmée dimanche par le ministre israélien de la Défense Yitzhak Mordehaï après un entretien avec Mme Albright, est l’une des nombreuses conditions posées par Israël pour reprendre le processus de paix. M. Netanyahu refuse de mette en œuvre le redéploiement militaire israélien longuement attendu en Cisjordanie, tant que les Palestiniens ne respectent pas ces conditions. Les Etats-Unis, pour leur part, ont proposé une approche parallèle et par petites étapes, selon laquelle Israël retirerait progressivement des troupes de plus de 10% de la Cisjordanie, tandis que les Palestiniens prendraient des mesures simultanées, notamment dans le domaine de la sécurité. Les Palestiniens, s’appuyant sur les accords d’Oslo sur l’autonomie, réclament qu’Israël mette en œuvre immédiatement deux des trois retraits militaires prévus par les textes et s’engage à effectuer le troisième avant la mi-1998, comme stipulé. Selon eux, à l’issue de ces trois retraits, Israël ne devrait plus conserver que 10% au plus de la Cisjordanie, comprenant les colonies juives et des bases militaires. M. Netanyahu, pour sa part, refuse d’offrir plus de 10% de la Cisjordanie, qui s’ajouteraient aux 27% déjà contrôlés partiellement ou totalement par l’Autorité palestinienne de M. Arafat. Il accuse l’Autorité de ne pas faire suffisamment d’efforts pour prévenir les attentats anti-israéliens — bien qu’il n’y ait plus eu d’attaque majeure depuis cinq mois — et a posé une série d’autres conditions au retrait, dont l’annulation de la charte palestinienne. Le Conseil national palestinien (CNP), l’instance suprême de l’OLP, a déjà annulé en 1996 les articles de la charte qui contredisaient les accords de paix, mais n’a pas spécifié lesquels. Israël réclame aujourd’hui que le CNP se réunisse de nouveau pour clarifier et confirmer sa décision. Le Comité exécutif de l’OLP a estimé qu’il n’y avait pas lieu de satisfaire cette demande, a affirmé dimanche un membre du comité, M. Samir Ghoshé. «Aucune décision n’a été prise (sur la charte). L’évocation de la charte par le gouvernement israélien n’est qu’un prétexte pour ne pas appliquer les accords», a-t-il estimé. (AFP)
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