Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le complexe de la mère comme Hamlet (photo)

Vraies ou fausses, les accusations d’infidélité et de dissimulation qui menacent de faire chuter le président Clinton, suscitent, comme tout au long de sa vie publique, un débat public sur sa personnalité. Comment un homme politique, devenu l’homme le plus puissant du monde, a-t-il pu prendre le risque d’être la cible d’accusations minables qui risquent de ruiner sa vie publique? Même infondées, pourquoi des accusations similaires dans le passé ont permis de l’affubler — bien avant qu’il ne devienne président — du surnom péjoratif de «Bill, le rusé»? Pour répondre à ces questions, commentateurs politiques, historiens et psychologues se sont penchés sur la vie de Bill Clinton et font appel à des figures historiques, des anciens présidents aux héros tragiques grecs. «John Kennedy était pareil», commente Joseph Tecce, neuro-psychologue de l’université de Boston. L’ancien président américain «a pris des risques personnels très importants à la Maison-Blanche et des risques politiques importants avec Fidel Castro», explique M. Tecce. «Ces leaders, jeunes, pourtant beau et charismatiques n’ont connu jusque-là que le succès (…). Ils développent un complexe d’invincibilité tout comme les adolescents ne croient jamais pouvoir mourir un jour», ajoute-t-il. Pour lui, «leur destin est parfois de provoquer eux-mêmes leur chute et nous assistons alors à un phénomène d’autodestruction de ces leaders». Cette fois, le président Clinton est accusé d’avoir eu une liaison avec une jeune stagiaire à la Maison-Blanche et de l’avoir forcée de la nier, sous serment, dans le cadre d’une autre affaire de harcèlement sexuel. Il a tout démenti. Mais cette affaire, de loin la plus grave de sa présidence, n’est que la dernière d’une série d’affaires mettant en cause la moralité, la droiture et le caractère de Bill Clinton depuis qu’il est entré dans la vie publique en 1974. Hormis de nombreux soupçons d’infidélités, le président a été accusé d’avoir fumé de la marijuana (mais il a démenti avoir avalé la fumée), d’avoir échappé au service militaire (mais il a nié avoir fui ses obligations) et d’être mêlé à une affaire foncière douteuse (Whitewater) dans son Etat de l’Arkansas. Des doutes Dès le début de sa carrière politique des interrogations sont apparues sur sa personnalité et elles n’ont jamais disparues, commente le «Washington Post». Et tandis que chaque président américain a été la cible d’accusations plus ou moins graves, mais assez normales compte tenu de l’importance de la fonction, Bill Clinton n’est jamais parvenu à balayer les doutes sur sa sincérité, estiment les analystes politiques. Cette situation réside peut-être, selon certains, dans son obsession à paraître jeune, culotté, sexy, souvent en lunettes noires de soleil, joueur de saxophone, proche, tout compte fait, du mythe d’Elvis Presley, le mauvais garçon du rock, selon des explications freudiennes qu’on peut trouver sur certains sites d’Internet. Pour Joseph Tecce, c’est autant à Freud qu’à Shakespeare qu’il faut faire appel pour comprendre comment Bill Clinton peut être aussi souvent accusé d’autant de choses. «Il a un besoin irrépressible de plaire aux femmes en raison de sa relation avec sa mère», explique-t-il. N’ayant jamais connu son père, décédé peu avant sa naissance, «il a toujours cherché à lui plaire et à la protéger de son beau-père», ajoute-t-il. Et elle lui a toujours répondu: «Billy, tu es un bon garçon, tout ce que tu fais est bien». Mercredi, souligne-t-il, quand le président a démenti les dernières accusations, il a dit quatre fois: «Je n’ai pas fait ça» en l’espace de 14 secondes. «Vous n’avez pas besoin d’être psychologue pour savoir que quelqu’un qui dément comme ça n’est pas convaincant et essaie même de se convaincre lui-même», dit-il encore, comme dans «Hamlet» de Shakespeare. (AFP)
Vraies ou fausses, les accusations d’infidélité et de dissimulation qui menacent de faire chuter le président Clinton, suscitent, comme tout au long de sa vie publique, un débat public sur sa personnalité. Comment un homme politique, devenu l’homme le plus puissant du monde, a-t-il pu prendre le risque d’être la cible d’accusations minables qui risquent de ruiner sa vie publique? Même infondées, pourquoi des accusations similaires dans le passé ont permis de l’affubler — bien avant qu’il ne devienne président — du surnom péjoratif de «Bill, le rusé»? Pour répondre à ces questions, commentateurs politiques, historiens et psychologues se sont penchés sur la vie de Bill Clinton et font appel à des figures historiques, des anciens présidents aux héros tragiques grecs. «John Kennedy était pareil»,...