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Actualités - Chronologie

Hun Sen tient fermement le destin du Cambodge

Dictateur pour les uns, tacticien hors pair pour les autres, l’«homme fort» du Cambodge Hun Sen tient plus fermement que jamais le destin du Cambodge entre ses mains, à quelques mois des élections, après avoir écarté tous ses adversaires. Si le second premier ministre promet que les élections législatives auront lieu à la date prévue, le 26 juillet, elles se joueront sur son propre terrain, quand bien même la communauté internationale a réclamé un scrutin «libre et impartial». «Nous sommes prêts à accueillir des observateurs internationaux. Mais ce n’est pas à la communauté internationale de décider du vainqueur ou du vaincu», a-t-il affirmé. Il n’a toujours pas digéré les élections de 1993 — «libres mais partiales», selon lui — organisées sous les auspices de l’ONU et qui ont abouti au partage du pouvoir avec le camp royaliste. «J’accepte de perdre les élections de 1998», dit-il, «mais je vais les gagner parce qu’elles seront libres et impartiales». De fait, Hun Sen n’est jamais apparu en aussi forte posture depuis qu’il est devenu premier ministre en 1986. Il a évincé du pouvoir son principal rival, le prince Norodom Ranariddh, lors d’une confrontation armée en juillet dernier à Phnom Penh. Le fils du roi Sihanouk est exilé à Bangkok et menacé, s’il tente de revenir, d’un procès suivi d’emprisonnement pour trafic d’armes et collusion avec les Khmers rouges. Son parti, le FUNCINPEC (royaliste), a éclaté et ses troupes, alliées à une faction de la guérilla, sont assiégées par l’armée gouvernementale dans leur bastion d’O Smash, dans l’extrême nord-ouest du pays, tout près de la frontière thaïlandaise. Hun Sen a opposé une fin de non-recevoir aux pourparlers de paix proposés par le prince Ranariddh. «Je ne rencontrerai le prince que lorsqu’il aura été jugé par un tribunal. Je lui rendrai visite en prison», a-t-il répondu. Il rejette aussi catégoriquement la médiation éventuelle du gouvernement thaïlandais: «Si nous avons besoin de parler, nous pouvons parler entre Cambodgiens, nous n’avons pas besoin de quelqu’un d’autre». Hun Sen n’est pas plus tendre avec l’Association des Nations du Sud-Est Asiatique (ASEAN) qui a ajourné l’admission du Cambodge après l’éviction du prince Ranariddh. «On nous a fermé la porte au nez. Nous voulons y entrer, oui demain, mais on ne veut pas de nous», déplore-t-il. Et il récuse tout autant «l’ingérence inacceptable» de l’ASEAN dans les affaires intérieures du Cambodge que «l’attitude arrogante» de l’ONU à propos des droits de l’homme. «Nous ne sommes les otages de personne», assène-t-il, au risque que ce splendide isolement n’enfonce son pays, le plus déshérité d’Asie, dans la pauvreté qu’il affirme pourtant vouloir «éradiquer». Si ce joueur d’échec impénitent est parvenu à se débarrasser du prince Ranariddh, le roi son père s’est volontairement mis échec et mat, au moins provisoirement en quittant précipitamment Phnom Penh au début du mois, excédé par les critiques de la presse gouvernementale à son égard et à l’encontre de la monarchie. Pour Hun Sen, qui se dit «pro-monarchiste», la solution est que «la famille royale cesse de faire de la politique». Il se prend à rêver d’une «monarchie à la thaïlandaise», voire britannique, où le souverain et sa famille sont immensément respectés mais ne se mêlent pas des affaires politiques du royaume. Dans ce cas-là, et seulement dans ce cas-là, il pourrait s’accommoder du prince Ranariddh à quelque poste honorifique... (AFP)
Dictateur pour les uns, tacticien hors pair pour les autres, l’«homme fort» du Cambodge Hun Sen tient plus fermement que jamais le destin du Cambodge entre ses mains, à quelques mois des élections, après avoir écarté tous ses adversaires. Si le second premier ministre promet que les élections législatives auront lieu à la date prévue, le 26 juillet, elles se joueront sur son propre terrain, quand bien même la communauté internationale a réclamé un scrutin «libre et impartial». «Nous sommes prêts à accueillir des observateurs internationaux. Mais ce n’est pas à la communauté internationale de décider du vainqueur ou du vaincu», a-t-il affirmé. Il n’a toujours pas digéré les élections de 1993 — «libres mais partiales», selon lui — organisées sous les auspices de l’ONU et qui ont abouti au partage...