Le baril de pétrole est tombé jeudi sous la barre des 15 dollars, son niveau le plus bas depuis 45 mois, en raison de l’accumulation de stocks aux Etats-Unis, le plus grand marché énergétique de la planète. A Londres, le baril de brut de Brent est tombé dans la matinée à 14,78 dollars, avant de se reprendre légèrement à 14,92. Ce niveau n’avait jamais été aussi bas depuis début 1994 lorsque le baril était brièvement sous les 13 dollars. Les dernières données en provenance des Etats-Unis montrent que les stocks de brut y ont augmenté de 14,643 millions de barils au cours de la semaine s’achevant le 16 janvier, un chiffre largement supérieur aux prévisions. Les stocks actuels aux Etats-Unis sont supérieurs de 32 millions de barils à ce qu’ils étaient un an plus tôt, l’équivalent de près de deux jours de livraison supplémentaires. Les stocks de produits raffinés, comme l’essence, sont eux aussi bien supérieurs à ce qu’ils étaient il y a un an. L’accumulation de ces stocks renforce les pressions sur un marché mondial déjà préoccupé par la douceur de l’hiver dans l’hémisphère nord, l’augmentation de la production de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et la baisse de la demande asiatique. A ces pressions viennent s’ajouter des suggestions selon lesquelles l’Irak pourrait être autorisé à accroître ses exportations de pétrole dans le cadre de l’accord dit «pétrole contre nourriture» conclu avec l’ONU. A Bagdad, Eric Falt, porte -parole du coordinateur de l’ONU pour l’aide humanitaire Denis Halliday, a dit s’attendre à ce que le conseil de sécurité approuve une augmentation de la valeur des exportations irakiennes dans le cadre de ce nouvel accord. Autre menace sur les prix, l’imminence de période annuelle de maintenance des raffineries dans plusieurs régions, qui réduira la demande de brut. Bob Finch, responsable des opérations chez Vitol SA, estime que la baisse du prix est le résultat de l’augmentation des stocks américains, aggravée par la faiblesse des marchés asiatiques. «Le sentiment général est au pessimisme», souligne-t-il. «La seule chose qui puisse renverser la tendance serait une période prolongée de froid hivernal et une réunion d’urgence de l’OPEP, et celle-ci ne paraît guère probable», explique-t-il. Feu vert L’effondrement du cours du Brent, qui était de près de 22 dollars en octobre dernier, a conduit certains analystes, ainsi que la Libye, à suggérer que l’OPEP revienne sur sa décision d’augmenter les quotas des pays membres d’un maximum de 10% à compter du 1er janvier. Mais mercredi un expert de la politique pétrolière séoudienne a expliqué que le royaume — premier producteur mondial — n’était pas disposé à être l’initiateur d’un réexamen de cette décision et n’agirait pas seul pour restreindre la production. Selon cette source, le royaume a désormais atteint un seuil «très voisin» de son nouveau quota de 8,76 barils/ jour (BPJ), et n’est pas disposé à jouer le rôle de «balancier» pour équilibrer offre et demande. Elle souligne qu’aux yeux des dirigeants séoudiens, les fondamentaux du marché pétrolier ne justifient en rien la faiblesse du prix actuel. «Les perspectives pour 1998 sont sombres, à moins que l’OPEP n’agisse rapidement sur restreindre sa production», estime le centre londonien d’études énergétiques mondiales. «L’OPEP doit agir sans délai si elle veut empêcher une érosion des revenus pétroliers de ses membres en 1998», souligne-t-il. L’OPEP est convenue en novembre dernier d’augmenter les quotas globaux de 10%, à 27,5 millions de BPJ à partir du 1er janvier, mais nombre de pays membres en mesure d’accroître leur production n’avaient pas attendu ce feu vert pour le faire. En outre, les exportations de brut irakien qui ont repris récemment devraient rapidement pousser l’OPEP à atteindre une production totale de 28,5 millions de BPJ. Le consultant washingtonien Petroleum Finance estime que l’Arabie Séoudite et les autres pays de l’OPEP dans le Golfe devraient réduire leurs productions de 600.000 BPJ pour empêcher que le Brent ne tombe sous la barre des 14 dollars. Face à la faiblesse du marché, l’OPEP a décidé d’avancer la tenue d’une réunion de sa commission de surveillance mais celle-ci, composée du Koweit, de l’Iran et du Nigeria, n’au aucun pouvoir en matière de quotas. Selon des sources bien informées au sein de l’OPEP, l’organisation est dans l’ensemble impuissante face à la tendance actuelle du marché et une réunion d’urgence de son conseil ministériel paraît improbable. (Reuters).
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le baril de pétrole est tombé jeudi sous la barre des 15 dollars, son niveau le plus bas depuis 45 mois, en raison de l’accumulation de stocks aux Etats-Unis, le plus grand marché énergétique de la planète. A Londres, le baril de brut de Brent est tombé dans la matinée à 14,78 dollars, avant de se reprendre légèrement à 14,92. Ce niveau n’avait jamais été aussi bas depuis début 1994 lorsque le baril était brièvement sous les 13 dollars. Les dernières données en provenance des Etats-Unis montrent que les stocks de brut y ont augmenté de 14,643 millions de barils au cours de la semaine s’achevant le 16 janvier, un chiffre largement supérieur aux prévisions. Les stocks actuels aux Etats-Unis sont supérieurs de 32 millions de barils à ce qu’ils étaient un an plus tôt, l’équivalent de près de deux jours...