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Actualités - Chronologie

Explorer, Windows 95 , Microsoft et justice

Microsoft a-t-il contrevenu à la loi antitrust? L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de centaines de millions de dollars. Face au géant de l’informatique, un «nain»: Netscape. Arbitre et juge de l’affrontement: un tribunal fédéral. Le tribunal fédéral de Washington a plongé cette semaine dans les méandres du système d’exploitation Windows 95, le programme qui constitue l’intelligence centrale de neuf microordinateurs sur dix, dans le cadre de la procédure antimonopole lancée par les autorités américaines contre le géant des logiciels Microsoft. Les autorités antitrust du département de la Justice et Microsoft sont venus démontrer devant la justice la validité de leurs arguments technologiques au cœur de l’affaire. Le juge fédéral de Washington, Thomas Jackson, a sommé Microsoft de prouver que son logiciel de navigation sur Internet, Explorer, ne peut, comme l’affirme le groupe, être dissocié du système d’exploitation Windows 95 sans endommager celui-ci au point de le rendre inopérant. L’audience visait à déterminer si Microsoft contrevient à une injonction préliminaire du juge Jackson, qui lui avait interdit le 11 décembre de continuer à lier ces fonctions Internet à Windows 95 en attendant un jugement sur le fond. Le groupe affirme s’y plier en proposant aux constructeurs de micro-ordinateurs d’installer sur les PC une version de Windows sans Explorer, mais vieille de deux ans. Antitrust Les services antitrust du département de la Justice accusent Microsoft de violer la loi antimonopole en utilisant sa domination de la micro-informatique pour tenter de s’emparer du marché d’Internet. Un premier témoin cité par le gouvernement, le consultant informatique Glen Weadock, s’est efforcé de montrer comment ôter Explorer de la toute dernière version de Windows. Il a expliqué point par point cette procédure qu’il avait menée à bien avant de venir au tribunal, à l’aide d’une cassette vidéo en retraçant chaque étape pour le bénéfice de la cour. Selon le principal avocat du département de la Justice Francis Mallone, «il s’agit d’une procédure simple et directe». M. Weadock, a montré qu’il suffisait d’utiliser un outil inclus dans Windows appelé «ajouter/retirer programmes» pour effacer le logiciel de navigation Explorer. Avant l’intervention de ce témoin, toutefois, l’avocat de Microsoft, Me Urowsky, avait affirmé que cette manœuvre ne retirait qu’une «partie minuscule d’Internet Explorer». «Seules les routes d’accès aux fonctions Internet sont effacées», avait-il expliqué, «mais les technologies de base d’Explorer demeurent». Si l’on voulait réellement retirer l’ensemble d’Explorer et des parties de Windows qui lui sont liées, a-t-il expliqué, cela «affecterait d’autres parties du système d’exploitation», notamment celles qui permettent de se connecter à tous les réseaux, même autres qu’Internet. Les enjeux Microsoft devait présenter sa démonstration dans l’après-midi. Les enjeux de l’audience vont au-delà du seul point de procédure temporaire examiné. Le ministère de la Justice reproche à Microsoft de contraindre les constructeurs informatiques à installer sur les PC son logiciel de navigation sur Internet en même temps que Windows 95, les menaçant dans le cas contraire de leur retirer toute licence sur le système d’exploitation. En incluant les capacités de navigation sur Internet aux fonctions de base de l’ordinateur, Microsoft sape le marché potentiel pour des logiciels de navigation indépendants. Son principal concurrent dans ce domaine, Netscape Communications, a prévenu récemment qu’il accuserait une forte perte fin 1997, en raison notamment de «pressions concurrentielles». Pour Microsoft, l’intégration d’Internet au système d’exploitation est un progrès technologique, dans l’intérêt du consommateur. Le groupe refuse de voir le gouvernement, ou la justice, définir ses produits. (AFP)
Microsoft a-t-il contrevenu à la loi antitrust? L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de centaines de millions de dollars. Face au géant de l’informatique, un «nain»: Netscape. Arbitre et juge de l’affrontement: un tribunal fédéral. Le tribunal fédéral de Washington a plongé cette semaine dans les méandres du système d’exploitation Windows 95, le programme qui constitue l’intelligence centrale de neuf microordinateurs sur dix, dans le cadre de la procédure antimonopole lancée par les autorités américaines contre le géant des logiciels Microsoft. Les autorités antitrust du département de la Justice et Microsoft sont venus démontrer devant la justice la validité de leurs arguments technologiques au cœur de l’affaire. Le juge fédéral de Washington, Thomas Jackson, a sommé Microsoft de prouver...