George Soros en Egypte sur fond d'inquiétude et de suspiscion
le 19 janvier 1998 à 00h00
Le richissime financier américain d’origine hongroise George Soros veut investir pour trois milliards de dollars en Egypte mais sa décision, loin de provoquer l’enthousiasme, suscite au contraire inquiétude et suspicion. Le débat bat son plein. La presse d’opposition met en avant les origines juives du milliardaire et l’accuse de vouloir saboter l’économie égyptienne et d’être à l’origine de la crise financière en Asie alors que des experts mettent en garde contre les dangers que représente ce «roi de l’argent volatil (hot money)». «Que vient faire ce milliardaire juif au Caire après avoir saboté l’économie asiatique», titre cette semaine le bihebdomadaire islamiste al-Chaab. «L’accueil chaleureux réservé par le gouvernement égyptien à l’investisseur usuraire juif George Soros suscite beaucoup d’inquiétude et de points d’interrogation», ajoute le journal. Ce milliardaire, issu d’une famille juive de Budapest, avait été accusé en juillet par le premier ministre de Malaisie Mahatir Mohamad d’être à l’origine de la crise asiatique et d’avoir déstabilisé pour des raisons politiques les monnaies de la région. Le président de la National Bank of Egypt (publique) M. Mahmoud Abdel Aziz, qui sera le partenaire de Soros en Egypte, réfute ces accusations en soulignant toutefois lui avoir déconseillé d’intervenir sur la Bourse égyptienne. «Je ne pense pas que la spéculation sur les monnaies soit à l’origine de la crise asiatique mais plutôt la fragilité des économies des pays», a-t-il affirmé. «Des représentants du groupe Soros sont venus récemment en Egypte et ont rencontré plusieurs responsables. Je me suis entretenu avec eux au Caire et à New York», a révélé M. Abdel Aziz, également président de la Fédération des banques égyptiennes. Investissement direct «Je les ai encouragés à se lancer dans l’investissement direct en leur expliquant que les profits à la Bourse sont de l’ordre de 12 à 18% alors qu’ils sont le double dans l’investissement direct», a dit M. Abdel Aziz. Soros «a en tête un projet de 1,3 milliard de dollars dans la pétrochimie et veut investir dans la haute technologie pour un milliard, et nous lui avons proposé un troisième projet d’un montant équivalent pour restructurer l’industrie textile», a poursuivi M. Abdel Aziz. «J’ai accepté que la National Bank soit partenaire à hauteur de 25% dans ces projets. Les tractations se poursuivent pour finaliser l’accord», a-t-il précisé. «Nous sommes convenus, dans les termes de l’accord de partenariat, que nous n’allons pas nous lancer dans des spéculations boursières car chacun a tiré la leçon de l’Asie», insiste-t-il. Mais M. Abdel Aziz admet que M. Soros «peut venir demain s’il le veut et investir dans la Bourse car elle est ouverte à tous». Les experts égyptiens qui ont multiplié réunions et séminaires pour tirer les conclusions de la crise asiatique ne sont pas rassurés. «Soros est le roi de l’argent volatil. C’est dangereux que son groupe joue sur notre Bourse car il peut ébranler notre économie», estime M. Mahmoud Abdel Fadil, professeur d’économie à l’université du Caire. «Si Soros investit dans des projets de développement c’est bénéfique mais il faut surveiller en permanence de tels investisseurs et contrôler leurs opérations en Bourse». Le quotidien économique Alam al-Yom a affirmé cette semaine que le milliardaire américain avait déjà acheté pour 17 à 20 millions de dollars d’actions à la Bourse égyptienne, mais il n’y a pas eu de confirmation officielle. (AFP)
Le richissime financier américain d’origine hongroise George Soros veut investir pour trois milliards de dollars en Egypte mais sa décision, loin de provoquer l’enthousiasme, suscite au contraire inquiétude et suspicion. Le débat bat son plein. La presse d’opposition met en avant les origines juives du milliardaire et l’accuse de vouloir saboter l’économie égyptienne et d’être à l’origine de la crise financière en Asie alors que des experts mettent en garde contre les dangers que représente ce «roi de l’argent volatil (hot money)». «Que vient faire ce milliardaire juif au Caire après avoir saboté l’économie asiatique», titre cette semaine le bihebdomadaire islamiste al-Chaab. «L’accueil chaleureux réservé par le gouvernement égyptien à l’investisseur usuraire juif George Soros suscite beaucoup...
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