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Actualités - Chronologie

Les chômeurs français de nouveau dans la rue

Les chômeurs français sont descendus samedi de nouveau, et encore plus nombreux, dans la rue pour une journée nationale d’action test de ce mouvement qui perdure depuis six semaines, affectant la popularité du premier ministre socialiste Lionel Jospin. Entre 9.500 et 20.000 personnes, selon les estimations, menées par le syndicat procommuniste CGT et des associations de chômeurs, ont défilé samedi après-midi à Paris, sur le trajet rituel entre la République et la Nation, dans l’est de la capitale, aux cris «Cho, cho, chômage ras-le-bol» et «Qui sème la misère récolte la colère». Lors de la précédente manifestation, mardi, la police avait dénombré 4.500 manifestants et la CGT 10.000, soit moitié moins que ce samedi. Près de 30.000 personnes avaient alors défilé à travers le pays. Un millier de personnes ont manifesté samedi également à Marseille (sud), la troisième ville de France, d’où le mouvement était parti le 11 décembre, avec l’occupation de plusieurs antennes d’assistance aux chômeurs, les ASSEDIC. Des rassemblements de centaines, voire de milliers de personnes ont eu lieu dans d’autres grandes villes de province. Dans les autres villes, la mobilisation est restée importante. Ils étaient entre 4.000 (selon la police) et 10.000 (selon les organisateurs) à Toulouse, 3.000 à Nantes, 1.500 à Montpellier et autant à Perpignan, entre 1.800 et 3.000 à Lille, 1.500 à Rouen, plus d’un millier à Grenoble (3.000 selon les organisateurs), autant à Bordeaux et à Clermont-Ferrand, entre 500 et 2.000 à Lorient, 800 à Limoges, 700 à Nîmes, 600 à Besançon. La France compte plus de 3 millions de chômeurs, soit 12,4% de la population active, un des taux les plus élevés en Europe, dont un tiers ont épuisé leurs droits aux aides. Le gouvernement de gauche, qui avait sous-estimé au début ces protestations, n’a pas réussi à les enrayer malgré une aide d’urgence d’un milliard de FF (170 millions de dollars) dégagée par M. Jospin. Cette rallonge a été jugée insuffisante par les chômeurs qui réclament notamment un relèvement de 1.500 FF (250 dollars) des minima sociaux, aides dont bénéficient en France plus de 3 millions de personnes. Leur relèvement coûterait 60 milliards de FF (10 milliards de dollars) au budget de l’Etat. Dans un souci d’apaisement, le gouvernement a fait savoir vendredi qu’il serait éventuellement prêt à relever ces minima mais pas avant 1999, afin notamment de ne pas compromettre cette année la qualification de la France pour l’euro. Ce délai a été rejeté par les associations de lutte contre le chômage, notamment AC! (Agir ensemble contre le chômage). Le chef du Parti communiste Robert Hue a réclamé une «augmentation substantielle» des minima sociaux qui sont «une angoissante urgence sociale», se disant convaincu que les choses allaient «bouger». Le patron de la CGT, Louis Viannet, a réclamé un relèvement des minima «cette année», suggérant pour cela de «desserrer l’étreinte au niveau de la construction européenne». M. Jospin, qui affronte là, avec en plus la croisade du patronat contre la réduction de la durée du travail hebdomadaire de 39 à 35 heures, la plus grave crise depuis son entrée en fonction il y a sept mois, devrait s’expliquer au milieu de la semaine à la télévision. Sa difficulté à traiter le mouvement des chômeurs, soutenu par 70% des Français selon plusieurs sondages, a fait chuter la cote de popularité du premier ministre qui reste cependant positive. Ce mouvement, qui touche la priorité que s’est donnée le gouvernement, la lutte contre le chômage, divise par ailleurs la coalition de gauche au pouvoir. Les chômeurs continuaient samedi à occuper des lieux publics, certains se faisant expulser par la police. Samedi, une centaine d’entre eux occupaient toujours un des fleurons de l’enseignement supérieur en France, l’Ecole normale supérieure, investie en milieu de semaine dans le dessein de rallier les étudiants et les enseignants à la cause de chômeurs. Des échauffourées ont opposé samedi en début de soirée devant l’ENS les forces de l’ordre et 300 à 400 manifestants, faisant un blessé léger parmi les manifestants. Plus tard dans la soirée, une trentaine de chômeurs se sont invités de force dans un restaurant de luxe, la Coupole, où ils se sont vu offrir le champagne par la direction. Ils ont en revanche quitté l’Institut d’études politiques, pépinière de futurs dirigeants, occupé la veille. (AFP)
Les chômeurs français sont descendus samedi de nouveau, et encore plus nombreux, dans la rue pour une journée nationale d’action test de ce mouvement qui perdure depuis six semaines, affectant la popularité du premier ministre socialiste Lionel Jospin. Entre 9.500 et 20.000 personnes, selon les estimations, menées par le syndicat procommuniste CGT et des associations de chômeurs, ont défilé samedi après-midi à Paris, sur le trajet rituel entre la République et la Nation, dans l’est de la capitale, aux cris «Cho, cho, chômage ras-le-bol» et «Qui sème la misère récolte la colère». Lors de la précédente manifestation, mardi, la police avait dénombré 4.500 manifestants et la CGT 10.000, soit moitié moins que ce samedi. Près de 30.000 personnes avaient alors défilé à travers le pays. Un millier de personnes...