Jean-Paul II n’en est pas à son premier tête-à-tête avec des dictatures latino-américaines, qu’elles soient de droite ou de gauche, qu’il a bien souvent troublées sinon déstabilisées. Fidèle à ses principes, le pape verra M. Castro, comme il a rencontré «Baby Doc» François Duvalier au début des années 80, la junte militaire argentine en 1982, ou les dictateurs du Chili, Augusto Pinochet (1987), et du Paraguay, Alfredo Stroessner (1988), ou les sandinistes au pouvoir au Nicaragua (1983), entre autres. Les visites papales dans ces pays ont parfois largement contribué à leurs chutes. Lorsque l’archevêque de La Havane, Jaime Ortega, a lancé que «rien ne sera plus comme avant», après la visite du «papa», nombreux ont été les fidèles du continent à se rappeler des vagues de ferveur et d’espérance provoquées par Jean-Paul II dans des pays traumatisées par la répression et la guerre. «Comme le passage du Christ» «Une visite du pape est comme le passage du Christ: rien n’est plus pareil après», a dit l’archevêque à un mois de la visite du pape à Cuba, dernier pays communiste du monde occidental. La première rencontre de Jean Paul II avec la dictature latino-américaine s’est déroulée au Brésil, en juillet 1980, sous le règne du général Joao Baptista Figueiredo (1979/85), dernier président militaire du pays. Selon l’Eglise argentine, lors de son passage à Buenos Aires en 1982, le pape a contribué à persuader la junte dirigée par le général Leopoldo Galtieri de précipiter sa reddition à Londres dans la guerre des Falklands (Malouines). La défaite argentine avait alors marqué le commencement de la fin de la dictature et annoncé la restauration de la démocratie. Au Chili (1er au 7 avril 1987), la venue du pape avait déclenché une véritable bataille rangée entre policiers et opposants à Pinochet, lors d’une cérémonie organisée dans le plus grand parc de Santiago. 600 personnes avaient été blessées. Jean-Paul II, avant d’être évacué d’urgence, avait crié: «L’amour est le plus fort». Lors de sa rencontre avec Pinochet, il avait plaidé pour la réconciliation, la pacification et l’unité, mais cette fois sans résultats immédiats perceptibles. Le gouvernement avait même dénoncé quelques mois plus tard les «tendances extrémistes» de la hiérarchie catholique. Au Paraguay, les analystes politiques s’accordent à dire que la visite papale a joué un rôle déterminant dans la chute, un an après, du plus long règne de l’histoire du continent, celui de Stroessner (1954-89). Un record détenu aujourd’hui par Castro, au pouvoir depuis 1959. Au Nicaragua, il n’avait pas hésité, prenant quelques libertés avec le protocole, à dénoncer publiquement le jésuite Ernesto Cardenal, pour avoir accepté un poste de ministre dans le gouvernement révolutionnaire sandiniste. Au Salvador, malgré les réserves du gouvernement, il était allé s’incliner sur la tombe de l’archevêque de la capitale, Oscar Arnulfo Romero, assassiné en mars 1980 par les escadrons de la mort qui voyaient en lui un allié de la guerilla de gauche. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Jean-Paul II n’en est pas à son premier tête-à-tête avec des dictatures latino-américaines, qu’elles soient de droite ou de gauche, qu’il a bien souvent troublées sinon déstabilisées. Fidèle à ses principes, le pape verra M. Castro, comme il a rencontré «Baby Doc» François Duvalier au début des années 80, la junte militaire argentine en 1982, ou les dictateurs du Chili, Augusto Pinochet (1987), et du Paraguay, Alfredo Stroessner (1988), ou les sandinistes au pouvoir au Nicaragua (1983), entre autres. Les visites papales dans ces pays ont parfois largement contribué à leurs chutes. Lorsque l’archevêque de La Havane, Jaime Ortega, a lancé que «rien ne sera plus comme avant», après la visite du «papa», nombreux ont été les fidèles du continent à se rappeler des vagues de ferveur et d’espérance...