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Actualités - Chronologie

Le secret pour de longues années encore

Les charniers de Bosnie et de Croatie, aujourd’hui dans l’oubli après les grandes opérations de fouilles de 1996, resteront de longues années encore les seules tombes pour des milliers de victimes anonymes du nettoyage ethnique qui a ravagé ces pays entre 1991 et 1995. Environ 3.000 corps exhumés en deux ans en Bosnie, par les commissions locales et les équipes du Tribunal pénal international (TPI), 1.400 en Croatie: les recherches avancent à petits pas, mais les disparus sont encore au nombre de 19.600 en Bosnie, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), 2.200 en Croatie, selon le gouvernement de ce pays. Tous ces corps, de surcroît, n’ont pas été identifiés. Le président de la commission bosniaque musulmane pour les disparus, Amor Masovic, fait état de 1.928 corps exhumés en 1996, dont 1.031 identifiés. En 1997, le rythme s’est ralenti: 770 corps exhumés, 429 identifiés. L’année qui a suivi l’accord de paix de Dayton (novembre 1995), les équipes du TPI, pour les besoins de leurs enquêtes, ont passé au peigne fin quelques sites des massacres les plus sanglants, autour de Srebrenica, dans l’est de la Bosnie, et de Vukovar, en Slavonie orientale (est de la Croatie). Dans l’ancienne enclave musulmane de Srebrenica, prise par les Serbes de Bosnie en juillet 1995, les équipes du TPI ont retrouvé 450 corps. Un maigre résultat au regard des 7.363 personnes, selon le CICR, toujours disparues pour cette seule région. Selon M. Masovic, les victimes seraient éparpillées «sur plusieurs dizaines de kilomètres, dans les bois où elles ont été tuées en tentant de fuir». En 1997, le TPI n’a mené qu’une opération de fouilles, près de Brcko (nord-est de la Bosnie). Aucun autre chantier de ce type n’est en cours et les recherches sont laissées aux commissions dirigées par les autorités locales. Ainsi en Bosnie, musulmans, Croates et Serbes mènent séparément ce laborieux travail, encore ralenti par les clivages ethniques. Au hasard des témoignages, les disparus émergent peu à peu de l’anonymat, comme en septembre dernier près de Bihac (nord-ouest), où 87 corps de civils musulmans ont été retrouvés dans un charnier, ou en décembre à Kljina (sud): 17 corps retrouvés, des civils âgés de 60 à 97 ans au moment de leur mort en 1992. (AFP)
Les charniers de Bosnie et de Croatie, aujourd’hui dans l’oubli après les grandes opérations de fouilles de 1996, resteront de longues années encore les seules tombes pour des milliers de victimes anonymes du nettoyage ethnique qui a ravagé ces pays entre 1991 et 1995. Environ 3.000 corps exhumés en deux ans en Bosnie, par les commissions locales et les équipes du Tribunal pénal international (TPI), 1.400 en Croatie: les recherches avancent à petits pas, mais les disparus sont encore au nombre de 19.600 en Bosnie, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), 2.200 en Croatie, selon le gouvernement de ce pays. Tous ces corps, de surcroît, n’ont pas été identifiés. Le président de la commission bosniaque musulmane pour les disparus, Amor Masovic, fait état de 1.928 corps exhumés en 1996, dont 1.031...