La ville de Los Angeles, où la voiture a toujours régné en maître, semble avoir tiré un trait sur la création d’un réseau de métro souterrain, qui était un des plus ambitieux projets de transport en commun aux Etats-Unis. «Je pense que le métro a été un désastre», a estimé le maire de la ville, Richard Riordan. «Le métro est mort», a renchéri un dirigeant du comté de Los Angeles, Zev Yaroslavsky. «Le moment est venu de faire face à la réalité». Par dix voix contre trois, les responsables de l’Agence métropolitaine de transport (MTA) venaient de décider la suspension pendant au moins six mois des travaux de construction de nouvelles lignes. D’après tous les commentateurs, cette décision, attendue depuis longtemps, constitue un revers peut-être irréversible pour un projet dont le coût est estimé à 300 millions de dollars par mile (1,6 kilomètre). L’idée d’un réseau de métro souterrain dans cette ville de 120 kilomètres de diamètre, qui s’étend sur 1.200 km2 et où les transports en commun sont quasiment inexistants, était née il y a une vingtaine d’années. Le coût total du projet était estimé à 75 milliards de dollars sur vingt ans, financé par moitié par les autorités fédérales et par une taxe spéciale approuvée par les électeurs de Los Angeles. Un premier tronçon d’environ 5 km avait été inauguré en 1993 et avait été salué par tous les médias américains comme une véritable révolution dans une ville sillonnée d’autoroutes, qui compte en moyenne plus d’une voiture par famille et où 90% des gens prennent leur voiture pour aller au travail. Aujourd’hui, le réseau comprend trois lignes qui s’étendent sur quelque 65 kilomètres. La plus importante relie le port de Long Beach au quartier des affaires de Downtown, une deuxième, perpendiculaire, longe le sud de la ville, du quartier de Norwalk vers l’aéroport. Thelma et Louise Une troisième ligne qui devrait être achevée en 2.000 reliera la gare de Union Station à North Hollywood, en empruntant un tunnel de 3,8 km percé sous les collines de Hollywood (par deux machines que les ouvriers avaient baptisées Thelma et Louise). Le réseau existant est d’une propreté exemplaire, confortable, silencieux et... pratiquement vide. En semaine, le nombre de passagers est en moyenne de 40.000, pour une ville de quelque 3,7 millions d’habitants et de plus de 9 millions en incluant ses banlieues. Les raisons de cet échec sont diverses, de la récession économique qui a réduit le montant escompté des taxes destinées à financer le projet, à des problèmes inattendus de construction à des projections économiques particulièrement optimistes. Surtout, le métro est resté étranger à la culture d’une ville où passer une heure sur une autoroute pour aller au cinéma fait partie de la vie quotidienne et où la voiture est l’expression d’un statut social autant sinon plus qu’un moyen de transport. Il reste maintenant à Los Angeles un réseau d’autobus, essentiellement emprunté par les pauvres, noirs et hispaniques, et tellement vieux et surpeuplé que la justice fédérale lui a enjoint de s’améliorer. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La ville de Los Angeles, où la voiture a toujours régné en maître, semble avoir tiré un trait sur la création d’un réseau de métro souterrain, qui était un des plus ambitieux projets de transport en commun aux Etats-Unis. «Je pense que le métro a été un désastre», a estimé le maire de la ville, Richard Riordan. «Le métro est mort», a renchéri un dirigeant du comté de Los Angeles, Zev Yaroslavsky. «Le moment est venu de faire face à la réalité». Par dix voix contre trois, les responsables de l’Agence métropolitaine de transport (MTA) venaient de décider la suspension pendant au moins six mois des travaux de construction de nouvelles lignes. D’après tous les commentateurs, cette décision, attendue depuis longtemps, constitue un revers peut-être irréversible pour un projet dont le coût est estimé à...