La nouvelle crise entre l’Irak et l’ONU a pour enjeu la composition de la Commission spéciale sur le désarmement de l’Irak (UNSCOM), que Bagdad affirme être dominée par les Américains. L’Irak empêche, depuis mardi, une équipe dirigée par l’ancien commandant des Marines américains, Scott Ritter, de mener à bien des inspections. La composition de l’équipe de Scott Ritter est un «exemple flagrant» de la «domination anglo-saxonne sur l’UNSCOM», a affirmé le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz. M. Ritter est arrivé dimanche dernier en Irak à la tête d’une équipe de quinze experts: huit Américains, cinq Britanniques, un Australien et un Russe. C’est le chef de l’UNSCOM, le diplomate australien Richard Butler, qui choisit les inspecteurs et leur assigne leur mission quotidienne. Mais aux accusations irakiennes sur le «déséquilibre» de la commission, M. Butler réplique que les inspecteurs sont choisis non en fonction de leur nationalité, mais de leurs compétences. M. Butler a indiqué par exemple que 44 personnes de 17 pays avaient participé lundi à des inspections en Irak. Mais, à la requête de la Russie, il a précisé que 28 seulement étaient des experts, les autres étant du personnel de soutien logistique. Sur ces 28 inspecteurs, 15 étaient américains et britanniques, selon les chiffres donnés par M. Butler au Conseil de Sécurité. L’UNSCOM fait valoir que, dans le domaine du désarmement, les Anglo-Saxons sont souvent les meilleurs experts. La prépondérance de ces pays est aussi aggravée par le fait que les membres de l’UNSCOM sont rémunérés non par l’ONU mais par les Etats, qui «prêtent» en quelque sorte leurs experts. C’est ainsi que des pays réputés les plus favorables à Bagdad, comme la Russie ou la Chine, étaient jusqu’à présent peu disposés à fournir des experts à l’UNSCOM. Au coup par coup Mais aujourd’hui, Moscou qui s’est engagé auprès de Bagdad à «rééquilibrer» la commission spéciale, a proposé une liste de 60 experts à M. Butler. Pour la première fois, la Chine a également désigné trois inspecteurs qui ont été acceptés par le chef de l’UNSCOM. La France souhaite de son côté être mieux représentée au sein de la Commission, en particulier à New York, «au niveau politique où sont prises les décisions», dit un diplomate. Elle a aussi demandé à avoir plus d’experts dans les domaines biologiques et chimiques, aujourd’hui les plus sensibles. A la fin de l’année dernière, l’UNSCOM comptait au total quelque 180 membres, dont 110 basés à Bagdad, une cinquantaine à New York et une vingtaine à Bahrein. Les inspections sont menées soit par les experts résidant à Bagdad, soit par des équipes venues de New York comme celle de Scott Ritter, soit par des spécialistes employés «au coup par coup». L’UNSCOM joue un rôle crucial, car c’est à elle qu’il reviendra de certifier, le cas échéant, que l’Irak s’est débarrassé de toutes ses armes de destruction massive. Il s’agit de la condition essentielle à une levée de l’embargo pétrolier qui est imposé à l’Irak depuis son invasion du Koweït en août 1990. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La nouvelle crise entre l’Irak et l’ONU a pour enjeu la composition de la Commission spéciale sur le désarmement de l’Irak (UNSCOM), que Bagdad affirme être dominée par les Américains. L’Irak empêche, depuis mardi, une équipe dirigée par l’ancien commandant des Marines américains, Scott Ritter, de mener à bien des inspections. La composition de l’équipe de Scott Ritter est un «exemple flagrant» de la «domination anglo-saxonne sur l’UNSCOM», a affirmé le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz. M. Ritter est arrivé dimanche dernier en Irak à la tête d’une équipe de quinze experts: huit Américains, cinq Britanniques, un Australien et un Russe. C’est le chef de l’UNSCOM, le diplomate australien Richard Butler, qui choisit les inspecteurs et leur assigne leur mission quotidienne. Mais aux accusations...