Les sauveteurs pakistanais ont annoncé mercredi la mort des 80 personnes qui se trouvaient à bord d’un avion des Taliban afghans qui s’est écrasé mardi soir dans l’ouest du Pakistan faute de carburant. Selon des sources officielles, l’avion, un Antonov 32 de fabrication soviétique, s’est écrasé sur une montagne au nord-ouest de Quetta, la capitale de la province pakistanaise du Balouchistan, frontalière de l’Iran et de l’Afghanistan. «Les débris de l’appareil et les corps des passagers sont éparpillés dans un rayon d’un kilomètre», ont précisé les sauveteurs à un officier des gardes-frontières de Quetta. Aucun dirigeant du régime taliban ne se trouvait parmi les 80 personnes à bord de l’avion, a affirmé mercredi un haut responsable des Taliban. «Il n’y avait pas de hauts responsables parmi les passagers», a déclaré Wakil Ahmad Moutawakil, à Kandahar, le fief taliban dans le sud de l’Afghanistan, d’où l’avion avait décollé. Le porte-parole Taliban a précisé que l’accident a eu lieu à cause d’un «manque de carburant». L’appareil avait quitté le quartier général de la milice intégriste afghane des Taliban à Kandahar (sud de l’Afghanistan) pour la ville de Herat située dans l’ouest du pays, près de la frontière iranienne, selon des sources officielles pakistanaises. L’avion n’a pas pu atterrir à Herat en raison du mauvais temps, et le pilote, après avoir fait demi-tour, s’est perdu dans l’espace aérien pakistanais, avaient précisé ces sources. Le pilote est entré en contact avec les autorités de l’aviation civile pakistanaise et a demandé la permission d’atterrir sur l’aéroport de Quetta (province du Balouchistan, ouest du Pakistan). Il a eu le temps d’expliquer à la tour de contrôle de Quetta qu’il était à cours de carburant car il avait dû tourner au-dessus de l’aéroport de Herat pendant «un certain temps» avant de se résigner à rebrousser chemin. La progression des secours a été rendue très difficile pendant la nuit en raison du mauvais temps et du terrain accidenté dans cette zone très difficile d’accès, a précisé le responsable des gardes-frontières. Cet officier de la frontière a affirmé que les premiers secours n’étaient arrivés qu’aux premières heures de la matinée sur les lieux de l’accident dans la région du col de Kojak, au nord-ouest de Quetta. Il a ajouté que les premières équipes arrivées sur les lieux avaient été obligées d’attendre la levée du jour pour entamer des recherches sérieuses. «Nous envoyons des renforts là-bas», a-t-il dit. Les Taliban au pouvoir à Kaboul n’organisent pas de vols commerciaux entre les villes sous leur contrôle. L’avion pourrait, dès lors, être un transport de troupes ou bien avoir eu à son bord des officiels. Les Taliban contrôlent les deux tiers environ de l’Afghanistan et notamment toute la moitié sud du pays, où se trouvent Kandahar et Hérat, les deux principales villes afghanes après la capitale. Les appareils en usage en Afghanistan, que ce soit du côté des Taliban ou de celui de l’opposition nordiste sont de vieux appareils soviétiques de différents types en bout de course. En août dernier, le premier ministre du gouvernement de la coalition anti-Taliban, Abdul Rahim Ghaforzai avait trouvé la mort avec six autres responsables de l’opposition dans l’accident d’un avion du même type à Bamiyan, le bastion de l’opposition dans le centre de l’Afghanistan. (AFP)
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