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Actualités - Chronologie

La visite de Jean-Paul II à Cuba : aboutissement d'une cohabitation difficile

La visite de Jean-Paul II à Cuba, du 21 au 25 janvier, marque l’aboutissement de 39 ans de relations chaotiques ou tendues entre l’Eglise catholique cubaine et le régime de Fidel Castro. Il s’agit davantage toutefois d’une meilleure compréhension que d’un réel rapprochement entre la hiérarchie catholique et le PC cubain (PCC, au pouvoir), qui semblent avoir trouvé depuis 1995 un langage commun. Ce processus a trouvé sa source la plus importante dans la réunion commémorative du 10e anniversaire de la Rencontre ecclésiastique cubaine, célébrée en février 1995 au cours de laquelle l’église a choisi d’opter pour la voie de la réconciliation et du dialogue dans le cadre de sa politique sociale. Cette nouvelle orientation est venue remplacer les fortes tensions générées en 1993 par une déclaration des évêques cubains très critique à l’égard du gouvernement avec qui elle prenait nettement distance. L’Eglise catholique cubaine très liée à son homologue espagnole, plutôt conservatrice, s’était rapidement imposée à Cuba au lendemain de l’indépendance de l’île en 1902. Mais elle a été surprise par les changements économiques et sociaux introduits par la révolution victorieuse en 1959. Cette église a connu au moins cinq phases d’évolution dans ses rapports avec l’Etat communiste athée, selon l’ancien castriste Raul Gomez, auteur, aujourd’hui disparu, d’un livre sur «l’Eglise catholique durant la construction du socialisme». L’Eglise catholique cubaine a d’abord traversé une période de désarroi dans les années 59-60, selon M. Gomez. A la fin de cette période, le Congrès catholique national a commencé à adopter une position plus dure, à la suite de la loi de réforme sur la propriété urbaine qui a touché l’église catholique, grand propriétaire immobilier. La confrontation s’est ensuite accentuée avec la nationalisation de l’enseignement. Des heurts entre catholiques et militants castristes au cours d’une procession avaient fait un mort en septembre 1961. Quelque 131 prêtres et l’évêque Eduardo Boza Masvidal ont été expulsés au lendemain de ces troubles. De 1963 à 1967, l’Eglise, très diminuée par l’expulsion de ces prêtres, s’efface pendant quelque temps de la vie nationale au cours d’une période baptisée «évasion» par M. Gomez, avant d’être suivie de 1968 à 1978 par une période de «retrouvailles» puis de «dialogue» de 1979 à 1985 qui a débouché sur les rencontres ecclésiastiques de 1985. Le 4e congrès du PCC en 1991 a ouvert les portes du parti aux croyants tandis que la Constitution était modifiée afin d’éliminer la discrimination sur la base de la croyance religieuse et donner un caractère laïc et non plus athée à l’Etat cubain. Cependant, l’Eglise catholique qui a accueilli ces changements avec discrétion n’a pas établi tout de suite de rapports directs avec le gouvernement, attendant l’après-1993, année de fortes tensions entre le pouvoir communiste et l’Eglise. La visite du pape vient couronner ce processus de rapprochement et lui donnera peut-être un caractère durable. (AFP)
La visite de Jean-Paul II à Cuba, du 21 au 25 janvier, marque l’aboutissement de 39 ans de relations chaotiques ou tendues entre l’Eglise catholique cubaine et le régime de Fidel Castro. Il s’agit davantage toutefois d’une meilleure compréhension que d’un réel rapprochement entre la hiérarchie catholique et le PC cubain (PCC, au pouvoir), qui semblent avoir trouvé depuis 1995 un langage commun. Ce processus a trouvé sa source la plus importante dans la réunion commémorative du 10e anniversaire de la Rencontre ecclésiastique cubaine, célébrée en février 1995 au cours de laquelle l’église a choisi d’opter pour la voie de la réconciliation et du dialogue dans le cadre de sa politique sociale. Cette nouvelle orientation est venue remplacer les fortes tensions générées en 1993 par une déclaration des...