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Actualités - Chronologie

Des rapports diplomatiques jamais interrompus

Parallèlement à une politique de répression de l’Eglise cubaine, Fidel Castro a gardé soigneusement intacts les rapports diplomatiques existants depuis 1935 entre le Vatican et Cuba où se rend Jean-Paul II du 21 au 26 janvier. Ces liens étaient notamment illustrés par l’habitude qu’avait le cardinal français Jean Villot, secrétaire d’Etat des trois derniers papes, mort en 1979, d’offrir à ses hôtes des immenses cigares cubains qu’il conservait scrupuleusement au bas de son frigidaire. Le doyen du corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, l’ambassadeur cubain Luis Amado-Blanco, était son fournisseur «attitré» jusqu’à sa mort en 1975, regrettée par le pape Paul VI et par tous les prélats de la curie romaine. Dès le début de la Révolution en 1959, Castro, ancien élève des jésuites, avait montré sa volonté de réduire la présence de l’Eglise dans l’île. Il a commencé par court-circuiter ceux qui avaient collaboré avec la dictature de Batista. Mgr Eduardo Boza-Masvidal, auxiliaire de La Havane, avait été expulsé et le nonce, Mgr Luigi Centoz, rappelé à Rome. Il a pris ensuite des mesures restreignant la liberté religieuse mais sans qu’une seule goutte de sang ecclésiastique ne soit versée pendant et après la Révolution. Tension En 1960 et 1961 la situation était devenue très tendue. Les autorités religieuses avaient demandé aux fidèles de «choisir entre Rome et Moscou» et de «lutter ou mourir pour la foi». En 1962, lors de la tentative d’invasion de la Baie des Cochons par des anticastristes, l’unique cardinal cubain s’était réfugié dans une ambassade, un évêque avait été déporté, un autre arrêté ainsi qu’un archevêque. Des centaines de prêtres avaient fui Cuba. Fidel Castro intervient ensuite affirmant dans une conférence de presse, que l’Eglise ne se heurterait à aucun obstacle à Cuba, tant qu’elle resterait dans le domaine de son ministère. «L’Osservatore Romano», le quotidien du Vatican réplique, en termes modérés, que l’Eglise n’était pas aussi libre à Cuba qu’il le disait. Mais pour montrer cependant les bonnes dispositions du pape, le journal révèle qu’en réponse à ses vœux de Noël, Jean XXIII avait fait parvenir la médaille d’or du pontificat au régime. Parallèlement à la répression, Fidel Castro garde soigneusement intacts les rapports diplomatiques existant entre l’île et le Vatican depuis 1935, à l’époque du pape Pie XI. Un canal diplomatique ouvert Une fois rappelé l’ambassadeur du dictateur Batista, l’une des premières décisions de Castro avait été au niveau international de nommer le premier ambassadeur du nouveau régime près le Saint-Siège, alors qu’en même temps il rompait les relations avec Washington. L’ambassade près le Vatican n’est restée vacante que quelques mois. Le poste est confié à José Ruiz Velasco puis en 1962, à Luis Amado Blanco. Selon des observateurs diplomatiques à l’époque, c’est aussi grâce à ce canal diplomatique resté ouvert que Jean XXIII a pu faire pression en faveur d’une solution de la gravissime crise des missiles et du bras de fer entre Nikita Khrouchtchev et John Kennedy. Un compromis entre l’Eglise et le régime intervient également à cette époque grâce aux liens entre le Lider Maximo et le père Pedro Arrupe, préposé général des jésuites dont Castro avait été un élève. La nomination d’un premier nonce à La Havane après la Révolution, Mgr Cesare Zacchi, suit. Les relations entre l’île et le Vatican, au-delà des voies diplomatiques sont ensuite restées relativement intenses. Depuis la visite du ministre des Affaire étrangères de Paul VI, le cardinal Agostino Casaroli, de nombreux cardinaux et collaborateurs directs des papes ont pu rencontrer Fidel Castro. Le record des entretiens, quatre, revient au cardinal français Roger Etchegaray, président du Conseil pour la justice et la paix. Le dernier a été celui avec le chef de la diplomatie de Jean-Paul II, Mgr Jean-Louis Tauran, qui a précédé de quelques semaines la visite de Fidel Castro au Vatican en novembre 1996. (AFP)
Parallèlement à une politique de répression de l’Eglise cubaine, Fidel Castro a gardé soigneusement intacts les rapports diplomatiques existants depuis 1935 entre le Vatican et Cuba où se rend Jean-Paul II du 21 au 26 janvier. Ces liens étaient notamment illustrés par l’habitude qu’avait le cardinal français Jean Villot, secrétaire d’Etat des trois derniers papes, mort en 1979, d’offrir à ses hôtes des immenses cigares cubains qu’il conservait scrupuleusement au bas de son frigidaire. Le doyen du corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, l’ambassadeur cubain Luis Amado-Blanco, était son fournisseur «attitré» jusqu’à sa mort en 1975, regrettée par le pape Paul VI et par tous les prélats de la curie romaine. Dès le début de la Révolution en 1959, Castro, ancien élève des jésuites, avait...