Ne sachant plus à quel saint se vouer pour venir à bout de leurs kilos superflus, des centaines de milliers d’Américains ont décidé de s’en remettre à Dieu, optant pour une méthode d’amaigrissement au succès étonnant. Depuis deux ans, les «ateliers bibliques de perte de poids» prolifèrent dans les églises du pays. Le concept, mis au point par une diététicienne, Gwen Shamblin, a de quoi séduire: pas de régime ni d’exercice, un coût minime de 35 dollars pour 12 semaines de séminaire et une seule obligation, s’en remettre à Dieu. «Nous leur disons «Transférez votre adoration pour la nourriture en une relation à Dieu. Laissez Dieu vous sauver»», explique Gwen Shamblin, femme blonde de 42 ans, extrêmement mince et soignée, depuis ses luxueux bureaux de Franklin (Tennessee, sud). Pour les y aider, elle explique dans des livres, des cassettes audio et vidéo, qu’il ne faut manger que la moitié du contenu de son assiette, savourer chaque frite en quatre bouchées, mais surtout différencier faim physiologique et désir de nourriture. Dans un pays où tout incite à manger en permanence et où les portions des restaurants sont pantagruéliques, «les gens (...) ne savent plus ce qu’est le sentiment physique de faim», explique-t-elle. «Ils doivent réapprendre à s’écouter». A ceux qui ouvrent le frigo sans faim, elle dit «lisez plutôt la Bible». Comme seul exercice, elle préconise de s’agenouiller pour prier. Et aux sceptiques elle répond, enthousiaste: «regardez les résultats». Car ils sont là: plus de 14.600 «ateliers de perte de poids» (weigh down workshop) fonctionnent dans les églises, auxquels ont déjà participé plus de 250.000 personnes ayant en moyenne perdu 7,5 kilos, selon un organisme indépendant. Plus de 400 classes existent également au Canada. Chaque semaine,, sous la houlette d’une volontaire, des femmes et quelques hommes s’y réunissent pour écouter une vidéo de Gwen, prier et échanger leurs expériences. Pas de balance, pas de nourritures interdites, mais tous mangent moins, prient plus. Et maigrissent. «Miracle» Vendredi, ils étaient ainsi onze à l’église baptiste de Franklin, pour faire le bilan des fêtes. Cyndy Holmes pleure en racontant comment elle a «miraculeusement» perdu 11 kilos en trois mois. Mary Fly (— 13,5 kg en 14 semaines), parle de «libération» à pouvoir manger de tout. Le seul homme, Randy Mauldin (—18 kilos) explique qu’il prend sa Bible quand il a envie d’ouvrir le frigo. Beverly Potts (— 10 kilos) confie que lorsqu’elle travaille, elle va prier à genoux aux toilettes pur trouver la force d’ignorer la machine à bonbons. Puis c’est le temps de la prière, en cercle, main dans la main et yeux fermés. L’animatrice y remercie Dieu, l’implore d’aider le groupe. «Le besoin de manger sans faim est une recherche de quelque chose. C’est un besoin de Dieu», affirme catégorique Gwen Shamblin. Autour d’elle dans ses bureaux de Franklin, dans ce Tennessee où la religion reste si importante, c’est l’effervescence: comme toujours en janvier, les Américains ont pris la ferme résolution de maigrir et le téléphone ne cesse de sonner. Une quarantaine d’employées répondent aux appels de tout le pays, prodiguent conseils et indications sur les classes les plus proches. Les «ateliers de perte de poids» ont désormais leur site Internet, leur «lettre» bimestrielle, et des photos impressionnantes de femmes ayant perdu jusqu’à 70 kilos en trouvant Dieu. Et Gwen Shamblin, dont le livre sorti au printemps s’est vendu à 400.000 exemplaires ne le cache pas, elle gagne de l’argent. Sur ce créneau, elle n’est pas seule: un autre programme, «First place», lancé depuis Houston (Texas) fonctionne également dans des centaines d’églises. Et une infirmière de Birmingham (Albama) a également lancé son «atelier» chrétien, inspiré du fonctionnement des alcooliques anonymes. (AFP)
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