Un nouveau record était à portée de main en ce début d’année pour la Bourse de Paris qui a très vite déchanté en raison des nouveaux soubresauts de la crise financière asiatique susceptible de porter les germes d’une déflation. L’indice CAC 40 a perdu 120 points (—4%) durant la semaine, tombant vendredi à 2.919,81 points. Le début 1998 se présentait pourtant bien. Vendredi 2 janvier le CAC 40 retrouvait le niveau des 3.000 points grâce à une progression de 1,37%. Lundi il dépassait les 3.072 points, pour se retrouver à moins de 22 points de son record absolu de 3.094 points affiché le 3 octobre dernier à la clôture (3.114 points en cours de séance ce jour-là). A l’aube d’une année nouvelle, la poursuite de la détente des taux de rendement à long terme et l’appréciation du dollar (parvenu à 6,13FF) justifiaient les achats d’actions. Les Cassandre jugeaient cette euphorie déplacée car, pour eux, la crise financière asiatique marque le début d’une période de déflation prolongée et la fin de l’expansion économique et boursière, susceptibles de provoquer un décrochage des bourses occidentales, Wall Street en tête. Le président de la Banque de Réserve fédérale, Alan Greenspan semble partager ces inquiétudes. Il y a une semaine il déclarait qu’il y avait «de bonnes raisons» de chercher à éviter «une baisse du niveau général des prix». Les «bons» aspects de la débâcle asiatique De nouveaux soubresauts cette semaine en Asie du Sud-Est n’ont fait que renforcer ces inquiétudes. Les capitaux fuyant les pays asiatiques cherchent refuge en Occident sur les marchés obligataires. Conséquence de cet afflux de liquidités, les taux de rendement à long terme dégringolent, atteignant des cours planchers et se rapprochant en Europe des 5%. Du jamais vu. La débâcle asiatique qui importe de la désinflation (les monnaies asiatiques ont perdu plus de la moitié de leur valeur cet automne) et une baisse des taux en Europe et aux Etats-Unis a donc du bon. Elle va entraîner une hausse du pouvoir d’achat pour les ménages mais aussi pour de nombreuses entreprises dont l’investissement productif est en phase de redémarrage, estime l’expert d’une grande banque française. En France la demande intérieure devrait dans une période de 12 à 18 mois compenser les effets négatifs de la crise asiatique. Dans un contexte de quasi-stabilité des taux et de l’inflation, les profits réalisés par les entreprises devraient animer les marchés des actions. L’Europe n’avait pas connu un tel environnement depuis fort longtemps, ajoutent des analystes. Après une hausse de 23,7% en 1996 et de 29,5% en 1997, la plupart des experts boursiers tablent sur un indice CAC 40 à 3.300 ou 3.400 points à la fin 1998, soit une hausse de 10 à 13,5%. Même si la croissance des bénéfices des sociétés devrait cette année être inférieure à celle des années 1996 et 1997, surtout aux Etats-Unis, estime Jean Borjeix de la société de bourse Pinatton. Pour la Société Générale, la crise en Asie va réduire de 2% à 3% la croissance des bénéfices des sociétés aux Etats-Unis et en Europe. Mais la banque table néanmoins sur une croissance moyenne des bénéfices d’environ 5% aux Etats-Unis en 1998, et d’au moins 15% en Europe (dont +21% en France). Pour justifier cet optimisme, les experts de la Société Générale jugent que les effets de la crise asiatique seront compensés notamment par les restructurations liées à l’avènement de la monnaie unique en Europe, qui vont avoir un impact positif sur les bénéfices des sociétés. Le spectre de la déflation et d’un ralentissement de la croissance mondiale a provoqué une nouvelle baisse des prix des matières premières, du pétrole notamment. Des analystes viennent donc de réviser leurs prévisions de résultats pour des compagnies pétrolières. Les valeurs bancaires étaient également attaquées en raison des engagements importants des banques allemandes et françaises en Asie. Lundi la cote gagnait 1,08% avant de céder 1,14% mardi, 1,02% mercredi, 1,72% jeudi et 1,19% vendredi.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un nouveau record était à portée de main en ce début d’année pour la Bourse de Paris qui a très vite déchanté en raison des nouveaux soubresauts de la crise financière asiatique susceptible de porter les germes d’une déflation. L’indice CAC 40 a perdu 120 points (—4%) durant la semaine, tombant vendredi à 2.919,81 points. Le début 1998 se présentait pourtant bien. Vendredi 2 janvier le CAC 40 retrouvait le niveau des 3.000 points grâce à une progression de 1,37%. Lundi il dépassait les 3.072 points, pour se retrouver à moins de 22 points de son record absolu de 3.094 points affiché le 3 octobre dernier à la clôture (3.114 points en cours de séance ce jour-là). A l’aube d’une année nouvelle, la poursuite de la détente des taux de rendement à long terme et l’appréciation du dollar (parvenu à...