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Actualités - Chronologie

Le Chinatown parisien : un monde clandestin et autarcique

Location en sous-main de K7 vidéos, médecine parallèle, activités illicites de confection, de coiffure ou de karaoké: un récent rapport des Renseignements généraux (RG) sur la communauté chinoise implantée en région parisienne dresse un sombre tableau de ses activités. Ce rapport d’une vingtaine de pages, parvenu aux agences de presse et révélé par l’«Express» dans son édition du 8 janvier, annonce la couleur dans son intitulé en estimant que cette communauté a une «apparence de légalité et d’intégration dans un monde clandestin autarcique». Il se base sur des enquêtes menées par différents services des RG de la préfecture de police de Paris et sa proche banlieue dans les domaines de l’immigration et du travail clandestins notamment. Il s’agit donc avant tout, indique-t-on de source policière, «d’estimations, de pistes et de tendances, qui ne sont pas destinées à jeter l’anathème sur cette communauté». Il reste que ses conclusions sont assez alarmistes et balayent les idées généralement admises selon lesquelles cette communauté est bien intégrée en France. Le rapport des «grandes oreilles», — le surnom des RG dans la police — donne quelques chiffres édifiants: il y a 80.000 Chinois en situation régulière en Ile-de-France, 200 à 250.000 en France. Le chiffre des clandestins, toujours autour de Paris, est estimé à 20.000. Au chapitre des interpellations pour des délits d’activités clandestines, les RG, à Paris intra-muros, relèvent qu’elles sont passées de +2,95% en 1993, à +10,28% en 1997. Il y a eu 5 interpellations, en moyenne, par jour, d’immigrés chinois illégaux en 1997 toujours sur le ressort parisien. Une économie souterraine Les RG ont observé que cette communauté d’immigration récente est divisée en deux catégories. Les Teochew (Sud-Est de la Chine) principalement implantés dans le 13e arrondissement et regroupés assez calmement dans le commerce. Les Whenzhou (région du Zhejiang) dans les 3e, 10e, 11e ou en Seine-Saint-Denis. C’est essentiellement cette communauté qui génère une «activité économique souterraine car elle vit en autarcie, dans des conditions d’un autre âge». Les policiers ont ainsi retracé l’itinéraire du clandestin venu de Chine en France. Il paye entre 80.000 et 140.000 F au passeur. Moitié en Chine, moitié en France en travaillant de manière cloîtrée et totalement fermée dans des ateliers et commerces «où il est exploité». Vient ensuite la course au titre de séjour puis, celui-ci obtenu par les plus chanceux, la «vie de luxe» qui consiste à «montrer sa réussite». Le plus chanceux crée son entreprise dont la gestion est souvent confiée à un Chinois ou à un Turc régulier et gérant de paille de plusieurs sociétés. Un homme arrêté, à ce titre, par les RG «gérait 20 ateliers clandestins moyennant 2000 F par mois pour chacun d’eux». Cette réussite, qui «favorise» l’autarcie et l’économie parallèle dénoncées par les RG, a généré à son tour la délinquance: de petites bandes — formées de ressortissants du Whenzhou principalement —, rackettent, enlèvent ou tuent les plus riches, toujours selon les RG. Cette économie souterraine prend plusieurs formes: coiffeurs, médecins, agents immobiliers sont au service de la communauté, fréquemment au noir et dans l’illégalité. Les RG estiment ainsi à 480.000 F les sommes soustraites par des cabinets médicaux illégaux récemment démantelés dans le Chinatown parisien. A 270 millions de F celles soustraites à l’URSSAF. Ou à 200 à 300 millions de F celles remises aux passeurs. «Il faut expulser les passeurs et les employés de clandestins», tranche le rapport des «grandes oreilles» dans ses conclusions. (AFP)
Location en sous-main de K7 vidéos, médecine parallèle, activités illicites de confection, de coiffure ou de karaoké: un récent rapport des Renseignements généraux (RG) sur la communauté chinoise implantée en région parisienne dresse un sombre tableau de ses activités. Ce rapport d’une vingtaine de pages, parvenu aux agences de presse et révélé par l’«Express» dans son édition du 8 janvier, annonce la couleur dans son intitulé en estimant que cette communauté a une «apparence de légalité et d’intégration dans un monde clandestin autarcique». Il se base sur des enquêtes menées par différents services des RG de la préfecture de police de Paris et sa proche banlieue dans les domaines de l’immigration et du travail clandestins notamment. Il s’agit donc avant tout, indique-t-on de source policière,...