Plusieurs récentes observations d’explosions d’étoiles très éloignées de notre galaxie suggèrent que le rythme d’expansion de l’univers ne s’est pas ralenti depuis le Big Bang et que l’univers devrait continuer à enfler indéfiniment, ont annoncé plusieurs équipes d’astronomes. Grâce au téléscope spatial Hubble, à l’observatoire Keck et au téléscope franco-canado-hawaïen de Mauna Kea, tous deux installés à Hawaï, ces astronomes ont pu observer l’explosion de trois supernovae, ces étoiles massives qui concluent leur existence par un gigantesque embrasement thermonucléaire, à des distances jusque-là inégalées. «Tous les éléments de nos observations de supernovae s’étendant sur de très longues distances suggèrent que nous vivons dans un univers qui va s’étendre indéfiniment», a indiqué l’un de ses auteurs, Saul Perlmutter, du laboratoire national de Berkeley (Californie), en présentant ses travaux devant le congrès de l’Association astronomique américaine (AAS). «Apparemment, il n’y a pas assez de matière dans l’univers pour que sa force de gravité puisse ralentir son expansion, qui a débuté avec le Big Bang, jusqu’à complètement l’arrêter», a encore indiqué M. Perlmutter. L’une des supernovae — qui sont les événements les plus lumineux de tous l’univers — ayant été étudiée par cette équipe d’astronomes était située à une distance estimée à environ 7,7 milliards d’années-lumière de la Terre, soit la moitié de l’âge estimé de l’univers, fixé à environ 15 milliards d’années. C’est en comparant la variation de l’intensité de la lumière émise par ces supernovae et la distance parcourue par cette même lumière pour atteindre la Terre que les astronomes ont été en mesure de déterminer la vitesse à laquelle elles s’éloignaient de notre galaxie et d’en déduire que la vitesse d’expansion de l’univers n’avait pas ralenti depuis le Big Bang. «En d’autres termes, nous pourrions parier 100 dollars contre vos 5 dollars que l’univers n’est pas retenu par de la matière, qu’il s’agisse de matière noire, de matière visible, de matière qui s’agglutine en paquets ou de matière qui s’éparpille», a indiqué un autre astronome de l’équipe, Robert Kirshner, du Harvard-Smithonian center for astrophysics (CFA) de Cambridge (Massachusetts). Bâtie autour de la fameuse théorie générale de la relativité énoncée par Albert Einstein en 1917, l’idée généralement acceptée de l’expansion de l’univers affirme que les galaxies qui le peuplent s’écartent progressivement les unes des autres et, selon la loi définie par l’astronome américain Edwin Hubble au début du siècle, à une vitesse de plus en plus importante. Certains pensent cependant que la présence dans l’univers de matière invisible, également appelée matière noire, pourrait considérablement accroître sa densité et empêcher son expansion, voire provoquer sa contraction jusqu’à ce que les astronomes appellent le «Big Crunch», c’est-à-dire sa destruction totale. Pour les tenants de cette théorie, le sort de l’univers dépendrait donc de la quantité de matière noire existante, une donnée qui constitue toujours un mystère. (AFP)
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