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Actualités - Chronologie

Les conditions d'une stabilisation monétaire

Un accord sur le rééchelonnement de la dette extérieure du secteur privé, d’abord en Corée du Sud, et un coup d’arrêt à la baisse du yen, apparaissent comme des conditions nécessaires à la stabilisation monétaire en Asie, estiment les économistes. Il s’agit de rompre le «cercle vicieux» qui voit actuellement les débiteurs privés, banques ou entreprises, aggraver la dégringolade des monnaies en recherchant les rares dollars disponibles pour faire face à leurs obligations à court terme. Selon un mécanisme classique, la dépréciation continue des devises alimente la fuite des capitaux, via les épargnants ou les exportateurs. Et la dévaluation alourdit chaque jour un peu plus une dette extérieure libellée en dollar US. Selon Andrew Ferris, le responsable de la recherche sur l’Asie chez BankAmerica à Hong Kong, «il y a une séquence d’événements qui pourraient conduire à un retour de la confiance des investisseurs». D’abord, «le report du remboursement et la restructuration de la dette coréenne». Il estime à 60% les chances d’un accord entre les banques internationales et la Corée du Sud «après le Nouvel An chinois, début février». «Egalement importants, poursuit-il, sont la stabilisation du yen et un traitement sérieux de la crise bancaire interne qui grandit au Japon». Mais ceci, reconnaît M. Ferris, «est un grand point d’interrogation». Il faudrait enfin «une relance intérieure modérée en Corée, en Thaïlande et peut-être en Indonésie», ajoute-t-il. Selon les économistes de SocGen-Crosby, le courtier asiatique de la Société Générale, «deux points cruciaux doivent être traités avant que les marchés des changes comme ceux des actions se stabilisent: le premier pas est de mettre un plancher sous les devises». «Le mouvement suivant, écrivent-ils dans une étude reçue jeudi, serait de retirer le fardeau de sa dette au secteur privé. Cela permettrait aux bonnes entreprises, solvables mais manquant de liquidités, de survivre alors qu’autrement elles feront faillites». Afin de restabiliser les monnaies, les économistes de SocGen plaident pour une initiative forte du Groupe des Sept principaux pays industrialisés et du Fonds Monétaire International encourageant la mise en place en Asie de systèmes de «currency board» sur le modèle de Hong Kong, où le lien fixe entre la monnaie locale et le billet vert, créé en 1983 pour mettre fin à une situation de panique financière, a tenu le choc. «Les marchés des changes sont clairement sous-évalués et si les taux de changes étaient fixés aux bas niveaux actuels il n’y aurait sans doute pas de pressions spéculatives», estiment-ils. Par ailleurs, la nature de la crise d’endettement de l’Asie pose un défi singulier au FMI et à la communauté internationale. Comme le rappelle Kenneth Courtis, le chef économiste et stratégiste du groupe Deutsche Bank à Tokyo, «le FMI a suivi une approche utilisée depuis trente ans pour des problèmes d’endettement du secteur public alors que l’on a affaire ici à une multitude d’entreprises privées». «L’endettement est tel, dit-il, que le seul refinancement serait une OPA généralisée du capital étranger sur les banques et les entreprises concernées, ce qui est politiquement inacceptable». Selon SocGen-Crosby, «le G7 devra être impliqué dans n’importe quel plan de soutien», par exemple en garantissant les dettes par des émissions obligataires collatérales, sur le modèle des «Brady bonds» pour l’Amérique Latine. «De cette manière, les créanciers étrangers toucheraient quelque chose alors qu’actuellement, ils risquent de pousser les débiteurs à la faillite sans rien recevoir pour autant», font-ils remarquer. (AFP)
Un accord sur le rééchelonnement de la dette extérieure du secteur privé, d’abord en Corée du Sud, et un coup d’arrêt à la baisse du yen, apparaissent comme des conditions nécessaires à la stabilisation monétaire en Asie, estiment les économistes. Il s’agit de rompre le «cercle vicieux» qui voit actuellement les débiteurs privés, banques ou entreprises, aggraver la dégringolade des monnaies en recherchant les rares dollars disponibles pour faire face à leurs obligations à court terme. Selon un mécanisme classique, la dépréciation continue des devises alimente la fuite des capitaux, via les épargnants ou les exportateurs. Et la dévaluation alourdit chaque jour un peu plus une dette extérieure libellée en dollar US. Selon Andrew Ferris, le responsable de la recherche sur l’Asie chez BankAmerica à Hong...