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Actualités - Chronologie

Une performance susceptible de bouleverser les sociétés

Pour le Pr Axel Kahn, spécialiste français mondialement reconnu de la génétique, il ne fait aucun doute que la création d’hommes par d’autres hommes aboutira à une «remise en cause anthropologique fondamentale». «A côté des hommes nés par reproduction sexuée, apparaîtra un nouveau type d’hommes, ceux qui ont été voulus par d’autres hommes, créés à leur image et qui risquent de ce fait de devenir des assujettis», a-t-il expliqué Farouchement opposé à cette fabrication artificielle d’hommes, le Pr Kahn estime cependant que «si on sait le faire, on le fera, cela ne fait pas de doute. Mais cela constituera un recul pour la société, une régression sociale, un rabougrissement». Ironie du calendrier, l’annonce du Dr Richard Seed («graine» en français) intervient à quelques jours de l’adoption par le Conseil de l’Europe d’un texte interdisant, «sans aucune dérogation», le recours à cette technique pour créer des êtres humains, illustrant ainsi deux approches totalement divergentes. «En Europe continentale, explique Axel Kahn, le discours repose sur le respect de la dignité humaine, la liberté et l’autonomie. En Grande-Bretagne et aux Etats-Unis en revanche, l’approche est beaucoup plus “utilitaire”». Dans ces deux pays, les partisans du clonage (des médecins, des biologistes mais aussi des juristes et des spécialistes de l’éthique) mettent en avant son utilité, en prenant pour exemple le cas d’une famille effondrée qui vient de perdre un enfant en bas âge. «Si en prélevant une cellule de cet enfant il est possible de le “refaire”, où est le mal?», s’interrogent-ils. Autre exemple couramment avancé par les partisans du clonage, celui du couple stérile. «Si en prélevant quelques cellules de la joue du futur père, on parvient à lui assurer une descendance, on fait un cadeau considérable à ce couple, sans léser personne. Il n’y a donc aucune raison d’interdire cette pratique», affirment-ils. Une grande inconnue En attendant que les politiques et les législateurs prennent position, seuls les échecs répétés de la technique s’opposent actuellement à la fabrication d’hommes par l’homme. Pour créer Dolly, à partir d’une cellule de mamelle de brebis, qui était donc à la fois sa mère et sa sœur jumelle, l’équipe écossaise de Ian Wilmut de l’Institut Roslin d’Edimbourg a procédé à 275 tentatives qui se sont toutes soldées par la mort de l’embryon. Mais un autre laboratoire, américain, est sur le point d’annoncer une réduction considérable du pourcentage d’échec par la mise en culture, puis le clonage, de cellules prélevées sur ces embryons. Reste néanmoins une formidable inconnue: la «qualité» de l’enfant créé par clonage. «Avant d’être prélevées, souligne le Pr Kahn, les cellules adultes servant à le fabriquer peuvent avoir été altérées ou abîmées, par la pollution, le rayonnement cosmique ou le tabagisme du donneur, et rien ne dit que l’enfant sera normal, ne présentera pas de malformations ou de maladies ou ne sera pas sujet, par exemple, à un vieillissement accéléré». En tout état de cause, estime ce généticien, la plus élémentaire des prudences imposerait de mener des expériences prolongées pendant au moins dix ans sur des animaux. Aux Etats-Unis, où le chercheur Seed souhaite s’adonner au clonage humain, un moratoire de cinq ans a été imposé par le président Clinton. Mais il ne concerne que les laboratoires subventionnés par l’Etat. (AFP)
Pour le Pr Axel Kahn, spécialiste français mondialement reconnu de la génétique, il ne fait aucun doute que la création d’hommes par d’autres hommes aboutira à une «remise en cause anthropologique fondamentale». «A côté des hommes nés par reproduction sexuée, apparaîtra un nouveau type d’hommes, ceux qui ont été voulus par d’autres hommes, créés à leur image et qui risquent de ce fait de devenir des assujettis», a-t-il expliqué Farouchement opposé à cette fabrication artificielle d’hommes, le Pr Kahn estime cependant que «si on sait le faire, on le fera, cela ne fait pas de doute. Mais cela constituera un recul pour la société, une régression sociale, un rabougrissement». Ironie du calendrier, l’annonce du Dr Richard Seed («graine» en français) intervient à quelques jours de l’adoption par...