Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les origines du conflit algérien

La tragédie algérienne a éclaté, il y a six ans, de la confrontation entre le courant islamiste, alors première force politique de ce pays du Maghreb, et de l’armée, soutenue par tous ceux qui ne voulaient pas de la «victoire de l’intégrisme». Le 10 février 1992, six policiers sont criblés de balles de Kalashnikov dans une ruelle de la vieille ville de la Casbah, à Alger. Ce spectaculaire attentat marque véritablement le début de l’escalade de la violence dans ce pays de 29 millions d’habitants, qui tire l’essentiel de ses ressources du gaz et du pétrole du désert du Sahara. La veille, l’état d’urgence avait été imposé. Il est toujours en vigueur. Quelques semaines auparavant, en décembre 1991, les Algériens avaient voté pour élire leur première assemblée pluraliste depuis l’indépendance contre la France (1962). Le Front islamique du salut (FIS) arrive largement en tête du premier tour. Le «parti de Dieu», après avoir remporté la majorité des communes en 1990, s’apprête à détenir la majorité absolue au Parlement. Le 12 janvier, le second tour est suspendu, au lendemain de la démission forcée du président Chadli Bendjedid. Le FIS crie au «coup d’Etat de la junte militaire». Le mouvement est dissous par la justice le 4 mars 1992. Des milliers de militants sont internés dans des camps administratifs. La violence s’amplifie, d’abord cantonnée contre les forces de sécurité. Elle va ensuite prendre aussi pour cibles des intellectuels, des fonctionnaires, tous ceux qui sont accusés d’être des «apostats», des collaborateurs du régime «impie». A partir de 1993, les étrangers sont à leur tour ciblés. Plus d’une centaine seront tués. Un sigle sinistre est apparu: GIA, Groupe islamique armé. Formés notamment de jeunes «desperados» des banlieues, «d’afghans», ses «phalanges» sèment la mort. En décembre 1994, le GIA exporte la terreur vers la France, avec le sanglant détournement d’Airbus d’Air France vers Marseille, puis en déclenchant une meurtrière vague d’attentats en 1995 sur le sol français. En Algérie, la violence prend un tour aveugle: voitures piégées en pleine ville, massacres de villages entiers. Le bilan dépasse les 60.000 morts, selon des sources occidentales. Parallèlement, les autorités organisent une série d’élections dont le président Zéroual sort largement vainqueur. Une majorité islamo-conservatrice s’installe au Parlement. Pour M. Zéroual, le dossier du FIS est désormais «définitivement clos». Les milieux proches du pouvoir et du camp «démocrate» (hostile aux islamistes) contestent aujourd’hui la thèse d’une crise née de la seule annulation du scrutin de 1991. Pour eux, le projet «insurectionnel» du FIS était déjà en marche, la lutte armée préparée et déjà engagée, et il fallait, coûte que coûte, barrer la route à l’instauration d’un premier Etat islamique au Maghreb et «sauver» l’Algérie. (AFP)
La tragédie algérienne a éclaté, il y a six ans, de la confrontation entre le courant islamiste, alors première force politique de ce pays du Maghreb, et de l’armée, soutenue par tous ceux qui ne voulaient pas de la «victoire de l’intégrisme». Le 10 février 1992, six policiers sont criblés de balles de Kalashnikov dans une ruelle de la vieille ville de la Casbah, à Alger. Ce spectaculaire attentat marque véritablement le début de l’escalade de la violence dans ce pays de 29 millions d’habitants, qui tire l’essentiel de ses ressources du gaz et du pétrole du désert du Sahara. La veille, l’état d’urgence avait été imposé. Il est toujours en vigueur. Quelques semaines auparavant, en décembre 1991, les Algériens avaient voté pour élire leur première assemblée pluraliste depuis l’indépendance contre...