Pour ceux qui l’avaient oublié, Alexandre Popov est le plus grand nageur de cette fin de siècle. Et il compte bien le rappeler lors des championnats du monde qui débutent mercredi à Perth. On avait cru le Russe en baisse de forme à la suite de l’agresssion dont il avait été victime un mois après les JO d’Atlanta, en 1996, poignardé à l’abdomen dans une rue de Moscou. Popov venait de réaliser le doublé des doublés, conservant son titre de champion olympique sur 50 et 100m nage libre, ce qu’aucun nageur n’avait réussi avant lui. Aujourd’hui, il vise le même exploit aux championnats du monde. L’événement aura lieu en deux temps, le 14 janvier pour le 100m libre, le 17 pour le 50 mètres. «Tout dans ma tête est au plus haut. Si la tête est prête, le corps suit», a prévenu mardi le champion de 26 ans. Popov avait déjà prouvé sa grande motivation en signant les meilleures performances mondiales de 1997 sur ces deux distances de prédilection lors des championnats d’Europe à Séville en août dernier. Sans rival? Popov, qui n’a jamais été battu depuis 1992 lors d’une grande compétition, ne craint que lui-même et s’amuse lorsqu’on lui cherche un rival. Michael Klim, par exemple, son partenaire d’entraînement en Australie, qui a battu le record du monde du 100m papillon en octobre et a signé le deuxième meilleur temps 1997 sur 100m libre, lors des championnats du Pacifique. «J’ai une relation étroite avec ma femme, pas avec Michael Klim», a rétorqué Popov aux journalistes. «Nous sommes de bons amis. Je n’ai rien contre lui. Nous verrons en course qui est le plus rapide». «C’est bon de voir qu’il existe dans la nouvelle génération des jeunes gens capables de faire ce que je faisais il y a quelques années», a ajouté le double champion du monde. Avec les Américains, Popov est beaucoup moins tendre, même lorsqu’on évoque le talentueux Gary Hall. «Montrez-les moi», dit-il. Quant au record du monde, Popov n’a aucun pronostic à livrer. «C’est peut-être du 50-50, du 99-1, ou rien du tout». «Le record vient naturellement. On s’élance du plot et on n’y pense jamais. La limite est dans la tête, pas dans les bras ni dans les muscles». FINA: suspension de quatre ans maintenue pour les nageurs positifs pour la première fois La Fédération internationale de natation (FINA), réunie mardi en congrès à Perth, a rejeté à l’unanimité une proposition de son bureau visant à réduire de quatre à deux ans la suspension infligée à un nageur convaincu de dopage pour la première fois. Opposés à cette motion, les représentants de l’Australie, de la Grande-Bretagne, du Danemark et des Barbades ont notamment développé l’idée que les controverses sur le dopage constituaient un frein au développement de la natation dans le monde, a indiqué un porte-parole de la FINA. Le bureau de la FINA estimait utile une telle réduction de peine, mais souhaitait laisser au congrès le soin de trancher, a-t-on appris de même source. Cette proposition avait fait l’objet d’attaques répétées dans la presse australienne, critiquant cet adoucissement des peines malgré des preuves évidentes de recours systématique au dopage. L’entraîneur allemand persona non grata à Perth L’entraîneur de l’équipe d’Allemagne de natation Winfried Leopold a été exclu des championnats du monde de natation qui débutent mercredi à Perth après avoir admis son implication dans le dopage dans l’ancienne Allemagne de l’Est. La Fédération internationale de natation (FINA) a décidé de lui retirer son accréditation après les propos du coach lors d’une conférence de presse il y a quelques jours. Il avait reconnu avoir participé au programme de dopage des nageurs de l’ex-RDA. Leopold est sous le coup d’une information judiciaire ouverte par le Parquet de Berlin pour avoir dopé à leur insu des nageurs entre 1986 et 1990.
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