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Actualités - Chronologie

David Lévy, l'ennemi intime

Le chef de la diplomatie israélienne David Lévy, qui a annoncé dimanche sa démission, est «l’ennemi intime» du premier ministre Benjamin Netanyahu, avec qui il entretient une rivalité de longue date. Ex-maçon issu d’une famille pauvre immigrée du Maroc en 1957 et installée dans la localité de Beit Shean, dans le nord d’Israël, M. Lévy, 60 ans, est parvenu à la force du poignet au sommet de la hiérarchie du Likoud (droite). Il est l’antithèse de M. Netanyahu, 48 ans, «l’Américain», diplômé du Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston, qui, en 1993, a supplanté les caciques du parti pour en prendre à la hussarde la direction, grâce à ses talents de communicateur. Tout oppose les deux hommes. Le premier ministre a joué de son profil de gagneur et de champion de la lutte antiterroriste pour s’imposer, tandis que M. Lévy, père de 11 enfants, se faisait le grandiloquent porte-drapeau des sépharades, les juifs originaires des pays d’Orient, souvent laissés pour compte de l’ère d’opulence en Israël. Le chef du gouvernement et son ministre démissionnaire se vouent une haine féroce, depuis un épisode scabreux en 1993. M. Netanyahu avait alors reconnu devant les téléspectateurs médusés avoir trompé sa troisième épouse, Sarah, et avait accusé à mots couverts M. Lévy d’exercer un chantage contre lui à l’aide d’une «vidéo-cassette chaude» pour l’écarter de la course au pouvoir. Pragmatiquement enterré pour cause de destin national, cet épisode graveleux ne sera jamais oublié. En 1995, M. Lévy manifeste avec éclat son opposition au chef du Likoud en décidant de quitter le giron du parti, alors dans l’opposition, et de fonder son propre mouvement, le Guesher, à vocation sociale. M. Lévy affirme vouloir se présenter contre M. Netanyahu aux premières élections au suffrage universel direct pour le poste de premier ministre, en 1996. Mais au dernier moment, il se désiste et fait cause commune avec son rival. Cette alliance conduit M. Netanyahu au pouvoir en mai 1996. M. Lévy fait rapidement comprendre au premier ministre que la victoire peut avoir un goût amer. Lors de la formation du cabinet, il menace de ne pas prêter serment pour le contraindre, in extremis, d’inclure dans le gouvernement le chef de file des «durs» de la droite Ariel Sharon. M. Lévy, qualifié «d’éternel frustré» par la presse israélienne, mène ensuite la vie dure à M. Netanyahu en menaçant régulièrement de démissionner, tant à propos du blocage du processus de paix que des questions économiques et sociales. Cette fois-ci, il assure que sa décision est «définitive». (AFP)
Le chef de la diplomatie israélienne David Lévy, qui a annoncé dimanche sa démission, est «l’ennemi intime» du premier ministre Benjamin Netanyahu, avec qui il entretient une rivalité de longue date. Ex-maçon issu d’une famille pauvre immigrée du Maroc en 1957 et installée dans la localité de Beit Shean, dans le nord d’Israël, M. Lévy, 60 ans, est parvenu à la force du poignet au sommet de la hiérarchie du Likoud (droite). Il est l’antithèse de M. Netanyahu, 48 ans, «l’Américain», diplômé du Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston, qui, en 1993, a supplanté les caciques du parti pour en prendre à la hussarde la direction, grâce à ses talents de communicateur. Tout oppose les deux hommes. Le premier ministre a joué de son profil de gagneur et de champion de la lutte antiterroriste pour...