Forum sur la réconciliation nationale à Brazzaville
le 05 janvier 1998 à 00h00
Quelque 850 délégués des partis politiques et de la société civile participent lundi à Brazzaville à un forum sur l’unité et la réconciliation nationale convoqué par le nouveau pouvoir après la guerre civile qui a conduit au renversement du président Pascal Lissouba. Convoqué le nouveau président du Congo, le général Denis Sassou Nguesso, le forum doit définir la durée et les modalités de la période de transition, devant aboutir à des élections générales. Prévu pour durer une semaine, le forum se déroulera en l’absence de M. Lissouba et de ses proches, exilés à l’étranger. Les participants doivent mettre en place un «conseil national», organe législatif de transition de 75 membres. Ils doivent élaborer les grandes lignes d’une nouvelle constitution, ainsi qu’un programme de reconstruction de Brazzaville, après les combats qui ont fait de 4.000 et 10.000 morts de juin à octobre. Les travaux ont été préparés fin décembre par une centaine d’experts, choisis par le gouvernement. Les documents élaborés par ces experts n’ont pas été transmis aux partis avant le forum, a indiqué samedi le président du Mouvement pour la réconciliation au Congo (MRC), le général Jean-Marie Michel Mokoko. «Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas reçu de documents. On ne sait pas comment cela va se passer», ajoute le général Mokoko qui précise avoir «appris par la radio qu’il était invité avec deux membres de son parti». Selon lui, les délégués des partis n’ont pas été désignés par leurs formations, mais par le comité technique gouvernemental. «Je crains que le forum ne ressemble aux congrès de l’ancien parti unique où les gens venaient juste pour ovationner le chef et avaliser mécaniquement tout ce qu’il veut», s’est plaint de son côté un haut fonctionnaire qui met en garde contre un retour aux méthodes du parti unique. Bien que les débats aient pour objectif de faciliter la réconciliation nationale, le président Sassou Nguesso a exclu la participation des dirigeants du régime déchu aux travaux, réaffirmant que des poursuites judiciaires seraient engagées contre eux pour avoir mis en cause l’unité nationale. «Ceux des compatriotes qui se sont engagés dans la voie de la division nationale et ont mis en péril la constitution de la nation ne méritent pas le pardon de notre peuple», a dit M. Sassou Nguesso dans ses vœux de Nouvel An. La position du chef de l’Etat risque de fragiliser le processus de réconciliation, d’autant que ses adversaires nient toute légitimité à ce forum. Début décembre, les proches de M. Lissouba et son dernier premier ministre, Bernard Kolélas, ont annoncé qu’ils refusaient de participer à un forum convoqué par «un pouvoir dictatorial». Ils ont aussi appelé le «peuple à ne pas prendre part à ce rassemblement». Cet appel n’a pas été suivi au Congo. Les principaux partis de l’ancien régime, l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS de M. Lissouba) et le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI de M. Kolélas) viennent d’évincer leurs leaders historiques lors de réunions organisées par des dissidents ralliés au général Sassou Nguesso et nommés au gouvernement. (AFP)
Quelque 850 délégués des partis politiques et de la société civile participent lundi à Brazzaville à un forum sur l’unité et la réconciliation nationale convoqué par le nouveau pouvoir après la guerre civile qui a conduit au renversement du président Pascal Lissouba. Convoqué le nouveau président du Congo, le général Denis Sassou Nguesso, le forum doit définir la durée et les modalités de la période de transition, devant aboutir à des élections générales. Prévu pour durer une semaine, le forum se déroulera en l’absence de M. Lissouba et de ses proches, exilés à l’étranger. Les participants doivent mettre en place un «conseil national», organe législatif de transition de 75 membres. Ils doivent élaborer les grandes lignes d’une nouvelle constitution, ainsi qu’un programme de reconstruction de...
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