Israël a annoncé jeudi qu’il appliquait le volet agricole des accords d’autonomie avec les Palestiniens, en permettant désormais la libre entrée sur son marché des fruits, légumes et autres denrées produites dans les territoires. Le ministère de l’Agriculture a précisé que ces produits n’étaient plus soumis qu’à des contrôles sanitaires, comme prévu par les accords économiques signés à Paris par Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1995. «Les produits agricoles palestiniens sont désormais librement vendus sur notre marché, mais doivent toutefois répondre aux sévères normes sanitaires exigées en Israël», a affirmé à l’AFP le porte-parole du ministère, M. Naftali Yaniv. Israël craint des conséquences pour la santé des consommateurs, en soupçonnant en particulier les agriculteurs palestiniens d’utiliser des eaux usées pour l’irrigation. Le ministre palestinien de l’Agriculture, M. Abdel-Jawad Saleh, s’est déclaré «sceptique» sur l’ouverture du marché israélien aux produits agricoles palestiniens. «Je doute que cela se fasse facilement. Je pense qu’Israël posera des conditions, comme cela a été le cas pour les autres accords signés avec nous», a affirmé M. Saleh, en faisant allusion au blocage du processus de paix depuis 10 mois. Israël a suspendu l’application de plusieurs dispositions des accords d’autonomie, en accusant les Palestiniens de laxisme face aux attentats anti-israéliens. Des bouclages répétés Selon M. Saleh, les exportations agricoles de Cisjordanie et de la bande de Gaza en Israël ont représenté seulement 25 à 30 millions de dollars durant le dernier semestre, notamment en raison des bouclages répétés des territoires suite à des attentats perpétrés par des intégristes palestiniens. Le porte-parole du ministère israélien de l’Agriculture a indiqué pour sa part que l’Etat hébreu fournissait aux Palestiniens la plupart de leurs fruits et produits laitiers. Selon M. Yaniv, «les légumes, et peut-être les œufs, constitueront l’essentiel des exportations agricoles des Palestiniens vers Israël». «Jusqu’à présent, les agriculteurs palestiniens devaient nous avertir avec précision des quantités et des dates de livraisons des produits qu’ils souhaitaient nous vendre. Désormais, nos portes sont ouvertes», a-t-il précisé. L’agriculture israélienne s’est largement reconvertie ces dernières années vers des produits à plus haute valeur ajoutée destinés à l’exportation, notamment les fleurs, les semences et les produits spécialement calibrés pour certains marchés. Les ventes israéliennes à l’étranger, notamment à l’Europe, représentent au total 450 millions de dollars en produits frais et 600 millions de dollars en produits conditionnés, non compris les ventes de viande et volaille. Dans les territoires, l’agriculture emploie 12,7% de la main-d’œuvre et ses revenus représentent environ 35% du Produit national brut palestinien. Le directeur-général du ministère palestinien de l’Agriculture, M. Azzam Toubeleh, a indiqué que les agriculteurs palestiniens attendraient sans doute quelques semaines avant de profiter pleinement des nouvelles facilités. «Les Palestiniens préfèrent provisoirement écouler leurs produits en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, marchés plus porteurs pendant le Ramadan», a-t-il dit. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Israël a annoncé jeudi qu’il appliquait le volet agricole des accords d’autonomie avec les Palestiniens, en permettant désormais la libre entrée sur son marché des fruits, légumes et autres denrées produites dans les territoires. Le ministère de l’Agriculture a précisé que ces produits n’étaient plus soumis qu’à des contrôles sanitaires, comme prévu par les accords économiques signés à Paris par Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1995. «Les produits agricoles palestiniens sont désormais librement vendus sur notre marché, mais doivent toutefois répondre aux sévères normes sanitaires exigées en Israël», a affirmé à l’AFP le porte-parole du ministère, M. Naftali Yaniv. Israël craint des conséquences pour la santé des consommateurs, en soupçonnant en particulier...