Almaty s’appellera désormais Akmola. C’est dans cette dernière ville que le Kazakhstan a décidé de transférer sa capitale. Une ville? Dans la langue du pays, le nom signifie «la tombe blanche», couleur désignant la neige. En hiver, il y fait – 40 degrés et les fonctionnaires, encore moins les ambassades, ne sont pas près de s’y installer. Le Kazakhstan vient de célébrer le transfert officiel de sa capitale Almaty vers la ville d’Akmola, située mille kilomètres plus au nord, dans les steppes sibériennes – un déménagement très critiqué, peu compris et surtout difficile à mettre en œuvre. Le déménagement, voulu par le chef de l’Etat, vise notamment à préserver la paix ethnique dans un pays d’Asie centrale ex-soviétique où près de 40% des quelque 17 millions d’habitants sont Russes. La proportion est plus forte dans le nord où vivent beaucoup de descendants de cosaques. Ce sont ces derniers qui fondèrent en 1830 Akmola, qui signifie «la tombe blanche» en kazakh, une appellation lugubre, mais sans doute appropriée pour une ville située dans une région d’anciens goulags, battue par les vents et où la température atteint – 40 degrés en hiver. Le transfert de capitale est déjà en cours, et des centaines de fonctionnaires ont quitté Almaty depuis un mois pour s’installer dans des foyers, en attendant la construction de logements de fonction qui vont leur permettre de faire venir leur famille. Le Parlement, lui, a déménagé début décembre, et l’opération devrait être complétée au printemps, avec l’installation de la présidence et du ministère des Affaires étrangères, les derniers à partir. Peinture écaillée Le coût du transfert n’est pas révélé, mais les sommes sont prélevées sur un «Fonds pour la nouvelle capitale», financé par des banquiers et des entreprises privées, «et pas sur le budget», assure un responsable du ministère des Affaires étrangères, soucieux de faire taire des critiques. Les bâtiments officiels «sont presque prêts», souligne ce responsable. A Almaty toutefois, les commentaires vont bon train sur «la peinture italienne qui ne résiste pas au vent glacial et s’est déjà écaillée», sur la précarité de la vie en foyer. Et nombreux sont les fonctionnaires qui déclarent avec soulagement que «le travail les a empêchés de participer aux cérémonies». Les médias annoncent qu’ils transmettront «bientôt» en permanence d’Akmola, mais sont toujours dans leurs anciens bureaux. Quant à la quarantaine d’ambassades, elles n’ont pas, pour l’instant du moins, l’intention de quitter Almaty. «Nous verrons, lorsque les autorités auront terminé leur installation, pour l’instant nous gardons un contact téléphonique avec nos interlocuteurs kazakhs habituels qui sont là-bas», indique un porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis. Il rappelle qu’un déménagement de représentation diplomatique est une opération qui rend nécessaires des approbations parlementaires et budgétaires dans le pays d’origine. «Evidemment, on ne peut pas dire que cela facilite notre travail», renchérit un autre diplomate occidental. «Les jeunes et les nouvelles générations de Kazakhs comprendront la nécessité que nous avions de transférer la capitale pour permettre le développement du pays», a souligné Noursoultan Nazarbaëv en répondant à l’agence Interfax. Le chef de l’Etat, qui a appelé les journalistes à déménager «rapidement», a l’intention de présenter «sa» nouvelle capitale «au monde entier» le 10 juillet prochain, et d’ici là promet la construction d’un hôtel «cinq étoiles» à Akmola. En attendant, la ville n’a que trois hôtels, pour une capacité totale de 500 lits, et les fonctionnaires qui n’ont trouvé de place ni à l’hôtel ni dans les foyers sont logés chez l’habitant pour quelques mois encore. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Almaty s’appellera désormais Akmola. C’est dans cette dernière ville que le Kazakhstan a décidé de transférer sa capitale. Une ville? Dans la langue du pays, le nom signifie «la tombe blanche», couleur désignant la neige. En hiver, il y fait – 40 degrés et les fonctionnaires, encore moins les ambassades, ne sont pas près de s’y installer. Le Kazakhstan vient de célébrer le transfert officiel de sa capitale Almaty vers la ville d’Akmola, située mille kilomètres plus au nord, dans les steppes sibériennes – un déménagement très critiqué, peu compris et surtout difficile à mettre en œuvre. Le déménagement, voulu par le chef de l’Etat, vise notamment à préserver la paix ethnique dans un pays d’Asie centrale ex-soviétique où près de 40% des quelque 17 millions d’habitants sont Russes. La proportion...