Le palanquin de soie rouge, c’était bon pour l’époque Ming. Les tenues Mao datent du temps de la «Révolution culturelle». Aujourd’hui, les jeunes Chinois convolent en tenue «traditionnelle» de l’Occident. Avec tout de même une touche locale: perles ou paillettes, perruque ou couronne de plastique
Robe rose bonbon à paillettes pour elle, costume trois pièces assorti pour lui et voiture de collection décapotable rouge fluo pour tous les deux: le dernier cri de la mode nuptiale s’étale depuis une semaine à Pékin à la première «Exposition de la culture et des articles de mariage».
Adieu le palanquin de soie rouge qui transportait la jeune mariée vers la demeure de son promis à l’époque impériale. Aux oubliettes les mariages en costume Mao de la «Révolution culturelle». Le mariage chinois des années 1990 se veut résolument occidental, maquillage et bijouterie compris, même si la touche locale apparaît encore subtilement dans les détails.
La robe de mariée diffère peu de la tenue traditionnelle portée en Occident: mais pour rehausser son éclat, les fabricants locaux lui ajoutent systématiquement des perles ou des paillettes. Certains modèles arborent des touches de couleur assez vives, vert, rose ou le rouge traditionnel de la robe de mariée chinoise.
On rajoutera avec bonheur une perruque, un bouquet ou une couronne de fleurs en plastique, avec des tenues assorties pour les enfants d’honneur.
«Le prix ne compte pas. C’est le moment le plus important de notre vie», assure Zhang Hua, parcourant les allées du salon en prévision de son mariage au printemps prochain. Toute sa famille et celle de son fiancé mettront de toute façon la main au porte-monnaie pour offrir au couple un mariage à la hauteur de leurs rêves.
Prix de base de la robe: environ 1.200 yuans (150 dollars). Mais par souci d’économie, «environ la moitié des jeunes mariées choisissent de louer leur robe pour 400 yuans (50 dollars) la journée», indique Zhou Changlin, un des exposants. Le revenu mensuel moyen à Pékin est évalué à 654 yuans.
A la belle saison, les couples les moins fortunés se font immortaliser devant les grands parcs de la capitale dans leur tenue de mariage louée seulement pour quelques heures. Pour gagner du temps, la mariée n’a souvent fait qu’enfiler sa robe par-dessus sa tenue de ville: jeans et baskets.
Pour ceux qui n’ont pas envie de passer leur journée à travers Pékin au pas de course, le salon offre toute une panoplie de décors de montagne suisse ou de plage des Seychelles.
Lendemains
de noces
Les plus riches loueront une de ces imposantes décapotables style années folles mise à leur disposition par le studio photo. Le constructeur de Qingdao (est) en vend environ 200 par an pour un prix unitaire d’environ 130.000 yuans (15.600 dollars) aux studios spécialisés.
En plus du bouchon de radiateur évoquant un dragon, les compteurs du tableau de bord sont en forme de cœur.
Les photos qui trôneront dans le salon du couple compenseront pour la vie le manque de romantisme de la «cérémonie» elle-même. Après de longues démarches bureaucratiques, l’officier d’état-civil tamponne les papiers du couple qui n’a même pas eu le temps d’inviter ses proches: la mairie n’avertit qu’au dernier moment les jeunes mariés qu’ils peuvent enfin venir chercher leur livret de famille.
Le banquet familial a dans ces conditions peu de chances d’avoir lieu le jour même du mariage civil, mais qu’importe du moment que la cuisine est bonne. «En comptant seulement l’habillement et le repas de noces, le mariage moyen à Pékin revient entre 5.000 et 10.000 yuans» (entre 600 et 1.200 dollars), estime M. Zhou.
Les quelque 20 millions de Chinois qui convolent chaque année trouveront à l’exposition ce qu’il faut pour les lendemains de noces: fer à repasser, batterie de cuisine, literie...
Quant aux invités en manque d’idées de cadeaux originales, ils sont servis; entre une grue et une tortue, symboles de longévité, une statuette de Bouddha en bronze censée favoriser la fertilité est mise à prix à 900 yuans (108 dollars). Mais l’objet est peu recommandé en période de politique de l’enfant unique. (AFP)


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