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Actualités - Chronologie

Toutankhamon et Maya

Une mission archéologique française a commencé à lever le voile sur les origines mystérieuses de Toutankhamon, ce pharaon connu grâce à la découverte de sa tombe inviolée par Howard Carter à Thèbes, l’actuelle Louxor, il y a soixante-quinze ans.
La découverte a été rendue publique lors d’une conférence de presse par le ministre égyptien de la Culture Farouk Hosni et le secrétaire général du Conseil supérieur des antiquités (CSA), M. Gaballah Ali Gaballah.
Alain Zivie et son équipe de la Mission archéologique française au Bubastéion viennent de découvrir dans la nécropole de Saqqarah, au sud-ouest du Caire, la tombe de Maya, nourrice de ce pharaon de la XVIIIe dynastie qui monta sur le trône vers l’âge de neuf ans et mourut dix ans plus tard (1333-1323 avant JC).
Dans un vaste cimetière de chats momifiés d’une période tardive, il a mis au jour la chapelle d’une tombe de 20 mètres de profondeur. Sur une paroi rocheuse est représentée une mystérieuse femme protégeant de sa main le roi assis sur ses genoux. les inscriptions la présentent comme «nourrice royale, ayant allaité le corps du dieu (pharaon) et qui est favorisée par le roi».

Flabelum

Dans deux cartouches sont inscrits les noms de Toutankhamon et Nebkheperouré, celui qu’il prit à son couronnement.
Sur le côté, apparaissent six personnages agenouillés ou debout, tenant à la main des flabelum (éventails), signe de pouvoir, qui sont «indubitablement de hauts personnages ayant régi le pays durant le règne de Toutankhamon», a indiqué M. Zivie, qui participait à cette conférence de presse.
«Il pourrait s’agir notamment par exemple du prêtre Ay et du général Horemheb, successeurs de Toutankhamon, qui meurt sans enfant, ainsi que du général Nakhtmin, de Ramsès et de Séti, deux généraux qui fonderont la XIXe dynastie sous les noms de Ramsès 1er et Séti 1er», a indiqué M. Zivie, tout en regrettant que la partie droite de la scène soit brisée, ce qui empêche d’être plus catégorique.
«C’est tout à fait extraordinaire de voir un pharaon sur les genoux de sa nourrice et scientifiquement, c’est une découverte très importante car elle va permettre d’éclairer une des périodes les plus troubles de l’histoire du Nouvel Empire», a déclaré l’éminent égyptologue Jean Leclant, secrétaire perpétuel de l’Académie française des Inscriptions et Belles Lettres.
Car on ignore qui est la mère de cet enfant-roi. Pour son père, les spécialistes penchent sans certitude pour Aménophis IV (1353-1335), plus connu sous le nom d’Akhenaton et présenté souvent comme le précurseur du monothéisme pour avoir donné la prééminence au dieu Aton.
Quand Akhenaton meurt en 1323, sa succession n’est pas assurée. C’est son premier gendre Smenekharé qui règne durant un an, puis Toutankhamon monte sur le trône et règne à Memphis, en face de Saqqarah.

Harem

Sur les parois des deux autres salles, des scènes montrent des prêtres et des femmes du harem, avec des tiares, rendant hommage à Maya.
«C’est incontestablement une grande dame de la cour car il est très rare qu’une noble ait sa propre tombe et surtout une sépulture aussi vaste», a souligné M. Zivie. «Nous ne sommes qu’au début de notre recherche car des parties sont murées et nous n’avons pas encore atteint les chambres funéraires qui risquent de nous réserver des surprises», a-t-il ajouté.
«Cette découverte constitue le début d’un renouvellement historique, d’une nouvelle aventure archéologique et certains décors de la tombe sont d’une beauté absolue», s’est exclamé M. Zivie, qui travaille depuis dix-sept ans à Saqqarah.
En cherchant celle de Maya, l’archéologue français a mis au jour les tombes de nobles ornées de dessins magnifiques: celle de Seth, échanson à l’époque du roi Amenophis IIII (1408-1372), Kenna, chef des peintres de la nécropole sous ce même roi, et Nemty-mes, chef du trésor à l’époque de Ramsès II. (AFP)
Une mission archéologique française a commencé à lever le voile sur les origines mystérieuses de Toutankhamon, ce pharaon connu grâce à la découverte de sa tombe inviolée par Howard Carter à Thèbes, l’actuelle Louxor, il y a soixante-quinze ans.La découverte a été rendue publique lors d’une conférence de presse par le ministre égyptien de la Culture Farouk Hosni et le secrétaire général du Conseil supérieur des antiquités (CSA), M. Gaballah Ali Gaballah.Alain Zivie et son équipe de la Mission archéologique française au Bubastéion viennent de découvrir dans la nécropole de Saqqarah, au sud-ouest du Caire, la tombe de Maya, nourrice de ce pharaon de la XVIIIe dynastie qui monta sur le trône vers l’âge de neuf ans et mourut dix ans plus tard (1333-1323 avant JC).Dans un vaste cimetière de chats momifiés...