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Actualités - Chronologie

Israël réduit au silence le canon du Ramadan à Jérusalem

Israël a réduit au silence le canon qui, selon une tradition séculaire, annonçait chaque jour la fin du jeûne pour les Palestiniens musulmans de Jérusalem pendant le mois saint de Ramadan.

Au lieu de l’antique canon, installé dans un cimetière sur une colline jouxtant la vieille ville, à Jérusalem-Est occupée, les musulmans doivent cette année rompre le jeûne au son d’une grenade à souffle.
«Le canon fait partie de la tradition du Ramadan et de Jérusalem. Comment peut-il le réduire au silence?», déplore M. Rejaï Soundoukeh, le «madafaji».
Le mois de Ramadan, pendant lequel les musulmans s’abstiennent de manger et de boire du lever au coucher du soleil, commence mardi dans les territoires palestiniens.
Le canon de Jérusalem est depuis des années une source de préoccupation pour les responsables israéliens, inquiets de laisser en des mains palestiniennes la poudre nécessaire aux tirs, même s’il s’agit de petites quantités.
M. Soundoukeh recevait ainsi ces dernières années des livraisons quotidiennes de poudre des autorités israéliennes pendant le Ramadan, et il devait à chaque fois en justifier l’utilisation. Il devait également prévenir la police avant chaque tir.
«Lors du dernier mois de Ramadan, le canon n’avait pas pu tirer pendant 18 jours, car les Israéliens avaient refusé de me fournir ma livraison quotidienne de poudre», se souvient M. Soundoukeh. «C’était sans précédent dans l’histoire de Jérusalem», affirme-t-il.
Cette année, la municipalité israélienne de Jérusalem, dirigée par le maire de droite Ehud Olmert, a averti M. Soundoukeh qu’il n’aurait pas de poudre s’il ne construisait pas un cabanon fermé pour la stocker, afin qu’elle ne tombe pas «dans des mains non sûres».
Il se plaint de ne pas avoir eu assez d’argent pour construire l’édifice. «J’ai négocié avec les Israéliens et finalement, j’ai pu obtenir la permission d’utiliser des grenades à souffle, pour maintenir la tradition», dit-il.
Mais la municipalité l’a prévenu qu’il n’aurait droit qu’à une grenade par jour. Il doit donc annuler les deux coups du matin, celui qui annonce le début du Sahour, le repas d’avant l’aube, et celui qui annonce le début du jeûne. Il n’aura plus que celui de l’Iftar, le repas de rupture du jeûne, au coucher du soleil.
«Ils m’ont dit qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour me donner trois grenades par jour, car chacune coûte 60 shekels (17 dollars)», explique M. Soundoukeh.
Pour la fête qui marque la fin du Ramadan, l’Aïd al-Fitr, il aura droit à quatre grenades par jour, alors qu’il tirait d’habitude au moins quinze coups quotidiens de son canon, en signe de joie.
«Il s’agit d’une tentative de plus de la part d’Israël d’éradiquer nos traditions palestiniennes à Jérusalem», estime-t-il.
La première fois qu’il a tiré le canon, en 1990, M. Soundoukeh a été arrêté et détenu pendant une journée, parce que son père qui lui a transmis la charge de «madafaji» de Jérusalem, avait négligé de lui signaler qu’il devait préalablement obtenir une autorisation des Israéliens.
Il se souvient que pendant les années suivantes, alors que faisait rage l’intifada, le soulèvement palestinien contre Israël, des agents de sécurité israéliens se cachaient dans le cimetière pour vérifier qu’il utilisait bien toute la poudre qui lui était confiée.
«Vous pouvez imaginer ce que ça faisait, de voir des ombres apparaître au milieu de la nuit à côté de vous, dans un cimetière», raconte-t-il. (AFP)
Israël a réduit au silence le canon qui, selon une tradition séculaire, annonçait chaque jour la fin du jeûne pour les Palestiniens musulmans de Jérusalem pendant le mois saint de Ramadan.Au lieu de l’antique canon, installé dans un cimetière sur une colline jouxtant la vieille ville, à Jérusalem-Est occupée, les musulmans doivent cette année rompre le jeûne au son d’une grenade à souffle.«Le canon fait partie de la tradition du Ramadan et de Jérusalem. Comment peut-il le réduire au silence?», déplore M. Rejaï Soundoukeh, le «madafaji».Le mois de Ramadan, pendant lequel les musulmans s’abstiennent de manger et de boire du lever au coucher du soleil, commence mardi dans les territoires palestiniens.Le canon de Jérusalem est depuis des années une source de préoccupation pour les responsables israéliens,...