Le moment de soulagement passé après l’aide du FMI, la Corée du Sud va devoir mettre en œuvre des réformes draconiennes, avec à la clé des risques de troubles sociaux, un an après les grandes grèves consécutives à l’adoption d’un nouveau code du travail.
Le «cadeau de Noël» du Fonds monétaire international a permis d’écarter à court terme le risque d’insolvabilité pour la Corée du Sud, grâce à une avance de 10 milliards de dollars sur un plan d’aide de 60 milliards au total.
Mais ce cadeau est à double tranchant pour le président élu Kim Dae-Jung qui doit convaincre ses compatriotes de la nécessité des licenciements et des restructurations qui l’accompagnent, afin d’attirer les investissements étrangers.
Des analystes économiques estiment même qu’une inflation galopante, que les faillites et les licenciements pourraient créer une certaine agitation sociale qui ne manquerait pas d’éloigner aussi les investisseurs.
Une situation explosive
«La situation est explosive et je ne crois pas que l’instabilité ait émergé pour le moment», déclare Keith Nam, de ABN AMRO Hoare Govett Asia. «Mais je crois que les problèmes commenceront sérieusement à se voir au début de l’année prochaine», notamment sur les marchés financiers et à cause de l’absence de système de sécurité sociale viable pour les chômeurs, ajoute-t-il.
L’euphorie des marchés financiers vendredi, à l’annonce de l’aide du FMI, qui s’accompagne notamment de la levée de toutes les barrières aux investissements étrangers sur ces marchés, a ainsi été de courte durée.
Selon les analystes, une forte augmentation des taux d’intérêt va créer un nouvel ordre en Corée du Sud dans lequel seuls les plus préparés survivront.
«Les règles du jeu sont simples. Des taux d’intérêt élevés signifient pénurie d’argent et faillites nombreuses», dit un économiste du Korea Development Institute (KDI). «Ils sont certainement le prélude d’un big-bang».
Les rendements des obligations à trois ans ont terminé à 27% sans changement samedi après avoir atteint un record de 31,45% mardi.
A en croire les experts, cette semaine verra le début de faillites en chaîne, car les entreprises devraient émettre de grandes quantités d’obligations et les banques devraient réclamer aux entreprises le remboursement de certains crédits afin de respecter les coefficients d’adéquation du capital de la BRI (Banque des Règlements Internationaux).
A ces sombres perspectives, s’ajoute une décision inhabituelle d’un tribunal de Séoul qui a refusé la mise sous administration judiciaire de deux sociétés de bourse en difficulté, ce qui confirme qu’il n’y aura plus de sauvetages d’entreprises menacées.
L’indice boursier sud-coréen a clôturé l’année à 376,31 points samedi, soit 42% de moins que la clôture de l’année dernière qui s’était établie à 651,22 points. Le won, qui avait atteint un record de faiblesse face au dollar en début de semaine, à 1.995 won pour un dollar, s’est repris et se négociait à 1.498 en clôture vendredi. En 1996, il avait terminé l’année à 843,70.
Les investisseurs étrangers devraient attendre que le won atteigne son niveau plancher avant de se précipiter sur les marchés coréens pour profiter à la fois de forts taux d’intérêt et des cours des actions qui sont à leur plus bas niveau depuis 10 ans, disent les analystes.
D’ici la fin de la semaine, les étrangers devraient être autorisés à prendre des parts majoritaires dans un certain nombre d’entreprises coréennes et à procéder à des «fusions acquisitions amicales».
Les conséquences de tous ces bouleversements devraient être difficiles à gérer pour le président élu. Samedi, celui-ci a expliqué aux dirigeants de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU) que les licenciements seraient inévitables afin que la Corée puisse appliquer le programme de réformes économiques du FMI.
La confédération, qui compte 550.000 membres, exige que les responsables de l’effondrement du système financier coréen soient désignés et punis. Elle a aussi manifesté son opposition aux licenciements se déclarant prête à engager un conflit social sur le sujet.
La KCTU est à l’origine, en janvier dernier, des vastes mouvements de grève organisés pour protester contre un projet de loi destiné à faciliter les licenciements. (AFP)


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir