La crise entre l’Irak et l’ONU a affecté négativement le commerce illicite de mazout irakien avec la Turquie voisine, Bagdad l’ayant d’abord suspendu avant de le réautoriser mais avec une sévère hausse des prix, ont indiqué des responsables turcs.
Depuis plusieurs années, les camionneurs turcs, pour la plupart d’origine kurde, rapportaient du mazout bon marché d’Irak dans des citernes de fortune attachées aux flancs de leurs camions, pour le revendre en Turquie avec un bénéfice substantiel.
Ces deux dernières années, ils avaient transporté plus d’un million de tonnes par an, pour quelque 200 millions de dollars.
Ce commerce constitue techniquement une violation de l’embargo imposé à l’Irak depuis son invasion du Koweit en août 1990 mais les Etats-Unis le tolèrent, car il permet à leur alliée la Turquie de compenser une partie des pertes encourues par son économie à cause de l’embargo.
Pendant la dernière crise avec les Etats-Unis née du rejet par Bagdad des inspections de ses armements par les experts de l’ONU, l’Irak a suspendu début novembre les ventes de mazout aux camionneurs turcs à Mossoul, dans le nord.
Cette décision a causé la formation de longues files de plus de 5.000 camions, qui attendaient la reprise des ventes.
L’Irak a réautorisé ces ventes pendant le week-end mais en augmentant le prix du mazout de près de 50%, selon l’agence turque Anatolie qui cite des responsables turcs au poste frontière de Habur entre les deux pays.
En outre, les péages acquittés par les camionneurs auprès des peshmergas kurdes irakiens qui contrôlent la majeure partie de la zone frontalière du côté irakien alourdissent encore le prix.
Un litre de mazout coûte maintenant près de six dinars irakiens (30 cents), contre 3,5 dinars il y a un mois, selon eux.
«En conséquence, les camionneurs turcs refusent d’acheter du mazout irakien et ceci menace l’économie du sud-est de la Turquie» à majorité kurde, a déclaré un responsable à Habur, Mustafa Demir. (AFP)


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir