Le territoire gabonais – grand de 227.000 kilomètres (la moitié de la France) et dont 85% sont recouverts par une forêt plus diversifiée que celle de ses voisins, grâce à un relief un peu plus marqué – pourra ainsi être scanné en près de 600 images en couleurs.
Celles-ci, réalisées au 1/125.000, donnent l’implantation forestière, les reliefs, la géologie, la pédologie (étude des sols superficiels), les voies de communication, la densité de la population, les limites administratives et les limites des différents permis forestiers accordés par le ministère des Eaux et Forêts.
«Il s’agit du plus important inventaire de cette forêt fait depuis l’indépendance, le premier en couleurs et le premier accessible à tous et à un prix modique, grâce à Internet où il sera consultable dès janvier 1998», indique son concepteur Denys Frère, directeur de la Société d’expertises forestière, installée depuis des années au Gabon.
Les essences forestières commercialisables, soit près de 150 sur un total de 400, sont détaillées une par une dans cet «herbier informatique», avec des représentations en couleurs de l’arbre, de sa feuille, de son fruit et d’une tranche de coupe grossie jusqu’à dix fois. Les caractéristiques techniques et mécaniques de chaque bois, flexion et cisaillements, degré de compression à l’eau et autres paramètres sont indiqués, selon les normes mondiales en vigueur.
Arbres rois
Ces détails sont d’une grande importance pour les architectes, les ébénistes, les charpentiers et les menuisiers situés à l’autre bout du monde et qui pourront ainsi vérifier la qualité et l’authenticité du bois qu’ils achètent en planches.
Un volet entier est consacré à la législation sur le bois, la pêche, la mer, l’aquaculture, domaines qui dépendent du ministère des Eaux et Forêts mais dont sont exclues les questions minières. Les arcanes de la fiscalité gabonaise, d’une manière générale, sont également largement détaillés, permettant à tout investisseur étranger de s’y retrouver.
Le code des Douanes gabonaises y est évidemment présent, ainsi que les règlements en vigueur dans toute la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC, qui a succédé à l’UDEAC), à l’usage des transitaires.
Un autre chapitre concerne la gestion du bois, avec l’emplacement des parcs à bois, le volume de bois par essence gardé en stock, les destinations étrangères, les coordonnées des vendeurs et des acheteurs, ainsi que la répartition des quotas accordés pour l’exploitation.
Ces quotas concernent surtout les deux arbres rois de la forêt gabonaise, l’okoumé et l’ozigo, bois de «déroulage», dont le Gabon est le premier producteur mondial et qui servent notamment à la fabrication de contreplaqués d’excellente qualité.
«La forêt gabonaise, bien que de faible production, est devenue un enjeu majeur entre forestiers «traditionnels» français et européens et de nouveaux arrivants, Malaisiens essentiellement, en raison du quasi-monopole dont jouit le Gabon pour la production de grumes d’okoumé et d’ozigo», explique M. Frère.
Incendies
Le Gabon n’a produit en 1996 que 2,5 millions de mètres cubes, contre cinq millions pour la Malaisie, 50 millions pour l’Indonésie et les 60 millions produits par la France.
«Cependant la production en Asie du Sud-Est chute (la Malaisie ayant produit jusqu’à 60 millions de mètres cubes) et les récents et gigantesques incendies qui viennent d’affecter cette région ne peuvent qu’exciter l’intérêt des Asiatiques», estime Denis Frère.
D’autre part, plusieurs pays voisins, les deux Congo (Brazzaville et Kinshasa), la Centrafrique et l’Angola, ont vu leur production tomber également pour des raisons de guerre ou d’insécurité.
Le logiciel créé en deux ans par la Société d’expertises a été jugé d’«un intérêt exceptionnel dans la mesure où il recouvre tous les domaines de l’information se rattachant à la forêt gabonaise», commente le chef de l’Etat gabonais Omar Bongo dans une lettre récemment adressée à M. Frère.
Les autorités gabonaises ont d’ailleurs décidé d’acquérir cette banque de données afin de pouvoir lui donner une plus grande répercussion, notamment dans le monde économique, tout en demandant à M. Frère de «continuer à la compléter et à l’actualiser dans l’avenir», indique encore la lettre présidentielle. (AFP)
Superficie du Gabon: 227.000 kilomètres carrés, soit presque la moitié de la France, dont 85 pour cent sont recouverts par d’épaisses forêts d’une richesse incroyable. Dans quelques semaines, ce relief pourra être scanné en 600 images. On pourra consulter pour un montant modique ce véritable «herbier informatique» comportant des détails complets: géologie, pédologie, voies de communication, densité de la population...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir