«La Chine court un risque croissant d’être confrontée à une grave pénurie d’eau au cours de la première moitié du XXIe siècle et la réalité sera rude pour notre pays», a déclaré Wang Bingqian, vice-président du comité permanent de l’Assemblée Nationale Populaire (ANP).
Dans un discours au ton inhabituellement alarmiste de la part d’un haut responsable chinois, M. Wang a estimé que «le développement des ressources en eau atteindra probablement son point extrême en 2030 quand la population arrivera à 1,6 milliard d’habitants», contre 1,26 milliard actuellement.
La Chine est selon lui paradoxalement menacée à la fois par une pénurie d’eau et par des inondations, du fait de l’érosion des sols et de la pollution aquatique, devenues «effroyables».
L’érosion, qui entraîne des dépôts d’alluvions dans le lit des rivières, est à l’origine des inondations catastrophiques qui ont régulièrement endeuillé l’histoire de la Chine, particulièrement la région du Fleuve Jaune.
Dans trois provinces du pays (Heilongjiang au nord-est, Henan dans le centre et Hunan dans le sud), les dispositifs de lutte contre les inondations «ne sont pas adéquats» et seraient «bien incapables de résister à de fortes crues», a déclaré M. Wang.
L’érosion sévit sur 3,6 millions de km2, soit 38% du territoire chinois, et le phénomène concerne chaque année 10.000 km2 supplémentaires, a-t-il indiqué lors de la 29e séance du comité permanent de l’ANP.
Quant à la pollution aquatique, M. Wang a jugé qu’elle affectait «la moitié des cours d’eau situés dans les sept bassins fluviaux du pays». Un dixième de l’eau «n’est pas utilisable» dans ces zones, a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par l’agence Chine Nouvelle.
«La situation ne pourra être résolue dans un proche avenir», a-t-il averti. (AFP)


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