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Actualités - Chronologie

Elections serrées aujourd'hui au Kenya

Les Kenyans vont élire aujourd’hui leur président parmi 15 candidats, dont le chef de l’État sortant, Daniel arap Moï, favori mais menacé d’un deuxième tour qu’il tentera d’éviter à tout prix.
Les électeurs devront aussi choisir leurs députés et conseillers locaux, présentés par 23 formations politiques.
Comme lors des élections générales de 1992, premier scrutin pluraliste en 26 ans, l’opposition est très divisée face au président Moï et à son parti, la KANU (Union nationale africaine du Kenya), qui comptent sur ses querelles pour rester au pouvoir.
Le mode de scrutin est tel qu’un candidat à la présidentielle peut l’emporter même s’il est rejeté par une majorité d’électeurs: il doit obtenir la majorité simple des suffrages et recueillir un minimum de 25% des voix dans au moins 5 des 8 provinces.
En 1992, M. Moï avait été déclaré vainqueur avec 36,8% des voix face à sept adversaires.
Aux législatives, la KANU avait remporté 100 des 188 sièges au parlement. Elle est le seul parti présent dans la totalité des 210 circonscriptions en jeu cette année mais, selon certains diplomates, pourrait cette fois avoir du mal à obtenir plus de la moitié des sièges à l’Assemblée.
Dans ce cas, le Kenya pourrait avoir un gouvernement de coalition.
Les adversaires de Daniel arap Moï, âgé de 73 ans, au pouvoir depuis 19 ans et candidat à un dernier mandat de cinq ans, veulent le priver des 25% dans 5 provinces et le mettre en ballottage.
Dans cette hypothèse, probable selon de récents sondages à prendre toutefois avec précaution, le deuxième tour opposera les deux candidats arrivés en tête au premier. Les voix de l’opposition se porteront alors sur une seule personne. D’où les craintes du président.
Parmi les 14 adversaires de M. Moï, issu de la petite ethnie kalenjin, les quatre plus «sérieux» sont Mwaï Kibaki, Kikuyu de 66 ans, ancien vice-président et candidat du Parti démocrate (D.P.); Charity Ngilu, femme d’affaires, Kamba de 45 ans et défendant les couleurs du Parti social démocrate (SDP); Michael Kijana Wamalwa, Luhya de 53 ans, candidat du FORD-Kenya et Raila Odinga, du Parti du développement national (NDPK), Luo de 52 ans.
Daniel arap Moï et Mwaï Kibaki s’offraient encore durant le week-end de pleines pages de publicité dans les journaux, tous des candidats mettant une dernière main à leur campagne, qui s’est achevée hier.
Après des violences politiques et tribales qui ont fait plus d’une centaine de morts entre juillet et octobre, sur la côte et lors de manifestations de l’opposition, les dernières semaines de la campagne se sont déroulées dans un calme relatif.

Des candidats tribaux

Des accrochages entre militants ont cependant fait au moins 12 morts depuis le 10 décembre, début officiel de la campagne, incitant la commission électorale à multiplier les rappels à l’ordre.
Beaucoup de commerçants indo-pakistanais, craignant de faire les frais d’une flambée de violence, sont partis en vacances à l’étranger, et les milieux économiques attendent que ces élections et leur lot d’incertitudes soient passés afin que les affaires reprennent.
Les programmes diffèrent peu d’un candidat à l’autre, l’opposition dénonçant invariablement la corruption et attaquant le bilan social du président, que certains comparent au Zaïrois Mobutu sese Seko.
Le régime se targue quant à lui d’avoir réussi à garantir paix et stabilité au kenya, dans une région d’Afrique particulièrement troublée.
Beaucoup se défendent d’être des candidats «tribaux», mais tous comptent sur le réflexe ethnique des électeurs, très fort dans une démocratie encore balbutiante.
Des réformes minimales ont été consenties par le président et sont censées assurer un scrutin transparent et équitable.
Mais nombre d’observateurs soupçonnent d’avance des fraudes électorales. Des cartes d’électeurs auraient été achetées par certains partis et d’autres tamponnées, comme si leurs propriétaires avaient déjà voté.
La plupart des Kenyans sont en outre convaincus que le chef de l’État ne pourra pas accepter un camouflet, puisqu’il a récemment juré dœuvrer pour le bien-être de son pays jusqu’à la fin de sa vie.
Environ 27.000 observateurs surveilleront le scrutin dans les 12.754 bureaux de vote. Plus de 9 des 29 millions d’habitants sont inscrits sur les listes électorales, mais les taux de participation a peu de chances de dépasser les 66% enregistrés en 1992. (AFP)
Les Kenyans vont élire aujourd’hui leur président parmi 15 candidats, dont le chef de l’État sortant, Daniel arap Moï, favori mais menacé d’un deuxième tour qu’il tentera d’éviter à tout prix.Les électeurs devront aussi choisir leurs députés et conseillers locaux, présentés par 23 formations politiques.Comme lors des élections générales de 1992, premier scrutin pluraliste en 26 ans, l’opposition est très divisée face au président Moï et à son parti, la KANU (Union nationale africaine du Kenya), qui comptent sur ses querelles pour rester au pouvoir. Le mode de scrutin est tel qu’un candidat à la présidentielle peut l’emporter même s’il est rejeté par une majorité d’électeurs: il doit obtenir la majorité simple des suffrages et recueillir un minimum de 25% des voix dans au moins 5 des 8...