Terry Nichols, 42 ans, a également été reconnu par huit fois coupable d’«homicide involontaire», mais non de «meurtre», sur les personnes de huit employés fédéraux tués dans l’attentat.
Une phase ultérieure du procès, qui doit débuter lundi, décidera de sa peine. Il risque désormais la peine de mort.
Terry Nichols a été reconnu coupable d’avoir aidé Timothy McVeigh, responsable de l’attentat le plus meurtrier jamais commis aux Etats-Unis, à préparer la bombe au nitrate d’ammonium qui avait servi à l’attaque contre un bâtiment de l’administration fédérale au centre d’Oklahoma City, qui avait fait 168 morts et plus de 600 blessés, le 19 avril 1995.
Le jury du tribunal fédéral de Denver de sept femmes et cinq hommes, qui s’est prononcé à l’issue de six jours de délibérations, a toutefois exonéré Terry Nichols de deux des 11 chefs d’accusation fédéraux qui pesaient contre lui: utilisation d’une arme de destruction massive et destruction par explosif.
Terry Nichols est resté impassible à l’énoncé du verdict, lors d’un procès qui n’était pas télévisé. «Je pense que le verdict parle de lui-même», s’est contenté de déclarer son avocat, Michael Tigar.
Sur le banc de l’accusation, le procureur Larry Mackey a exprimé sa satisfaction, bien qu’il s’agisse pour lui d’une victoire en demi-teinte: «Le jury a parlé. Nous acceptons le verdict dans son intégralité. Nous sommes prêts à aborder la phase du procès concernant le prononcé de la sentence».
Dans les rangs des familles des victimes, les réactions étaient plus partagées et la déception dominait. La plupart ne comprenait pas comment l’accusé pouvait être à la fois d’une part reconnu coupable de complicité dans l’attentat et d’autre part exonéré des accusations de meurtre et simplement tenu responsable d’«homicides involontaires».
«C’est absurde, complètement absurde», s’est écriée Marsha Kitht, qui a perdu sa fille de 23 ans dans l’attentat.
Les chroniques judiciaires semblaient eux aussi confondus par les incohérences du verdict et se perdaient en commentaires sur les chaînes de télévision, qui avaient pour la plupart interrompu leurs programmes.
Terry Nichols était jugé à la suite de poursuites engagées par le gouvernement fédéral pour la mort d’agents du gouvernement dans l’attentat. Mais en vertu du système judiciaire américain, l’Etat de l’Oklahoma conserve toujours le droit d’engager des poursuites à l’encontre de Terry Nichols pour les autres victimes.
Quelques minutes après l’annonce du verdict, le président Bill Clinton a fait part de sa sympathie aux familles des victimes.
«Je sais qu’aucun verdict judiciaire ne peut soulager la perte d’un être cher. Mais les poursuites engagées avec succès contre Timothy McVeigh et Terry Nichols devraient apporter une mesure de réconfort, indiquant que tous les Américains sont aux côtés des familles d’Oklahoma City», a déclaré M. Clinton dans un communiqué.
L’auteur principal de l’attentat, Timothy McVeigh, avait été condamné à mort en juin par un jury populaire à l’issue d’un premier procès.
Terry Nichols avait rencontré Timothy McVeigh en 1988 à l’armée et, durant leur procès, l’accusation a expliqué que tous deux avaient agi, motivés par leur haine du gouvernement fédéral et dans un désir de vengeance après le drame de Waco (Texas) dans lequel les troupes fédérales avaient alors donné l’assaut aux membres retranchés de la secte des Davidiens, dirigée par David Koresh. L’assaut avait mal tourné, provoquant un incendie dans lequel quelque 80 personnes avaient péri.
C’était le 19 avril 1993. A Oklahoma City, deux ans plus tard, jour pour jour, au petit matin… (AFP)


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