Dans la présentation du rapport, les auteurs ont précisé que les analyses étaient construites en fonction des éléments collectés en 97 sur le terrain; ces données ont fait l’objet d’une pré-étude pour 1997 et d’une projection sur 98. Il faut rappeler par ailleurs que les membres de l’«ESCWA» sont: Bahrein, le Koweït, le Liban, la Palestine, Oman, le Qatar, l’Arabie Séoudite, la Syrie, les Emirats Unis et le Yémen.
Selon ce rapport, le PNB réel, tenant compte aussi de l’Irak, devrait progresser de 3,8% en 1998, contre 3,6% en 1997. Le champion économique de l’année 98 pourrait être le Qatar avec 5,5 % de croissance du PNB net, assortie d’une bonne diversification de ses secteurs d’activités. En fait, dans l’attente d’un développement de la région, la stabilité, voire la croissance, dépendra pour la région, essentiellement du marché pétrolier et notamment du prix du baril qui devrait se tenir entre 17,5 dollars et 19 dollars, pour l’année 98 (les revenus du pétrole dans la région en 97 ont représenté quelque 99 billions de dollars). A partir de cette base, les réformes qui seront admises dans les différents pays, au plan économique, pourraient être favorables aussi au développement immédiat, mais l’évolution dépendrait aussi de la levée des sanctions contre l’Irak et le redémarrage du processus de paix.
Par ailleurs, les rapporteurs saluent particulièrement les efforts de libéralisation de l’économie, à l’approche de l’an 2000, notamment de la Syrie, dans le domaine du tourisme, grâce surtout à partir de 1998 à l’unification du système et du taux des changes dans ce pays. Cette année 98 devrait être, à défaut d’une croissance adéquate, l’année de la libéralisation et de la promotion du rôle du secteur privé. A propos de privatisation, d’importants programmes sont attendus en Egypte et au Yémen; deux pays où la croissance du PNB s’accélère. Reste à savoir, peut-être, quelle sera l’amélioration de ce même PNB par habitant. En effet, si l’inflation est de plus en plus jugulée et reste en moyenne de 4% environ, le taux de chômage est encore inquiétant sur l’ensemble des pays de la région et a augmenté en un an de 10%.
Le Liban: prévisions
mitigées
Selon les analystes de l’«ESCWA», bien que subissant un ralentissement sérieux de l’économie, le Liban a connu un recul de l’inflation de 6,5 % en 97 contre 9,5% en 96 et 14% en 95. Cette baisse de l’inflation est due à la politique sans faille de la Banque Centrale. La Syrie, pour sa part, a connu une inflation de 8%, en légère baisse par rapport à 96; cette baisse de l’inflation pourrait s’accélérer en 98, eu égard au renforcement des banques dans ce pays. Au Liban, la stabilité (ou l’équilibre instable) prévaudrait. Ce pays devrait hélas, subir encore les effets négatifs de l’excessif déficit budgétaire, estimé à environ 19% du PNB, contre 3% en Europe. Selon les experts, le montant de la dette interne ayant connu une augmentation de plus de 24% en 97 démontre par son volume (10.690 millions de dollars) que l’économie libanaise et les investissements au Liban se font encore largement autour de la dette publique. Ce phénomène, pour être normal pour un pays en période de reconstruction, devrait pourtant être atténué. Par contre, même si la dette externe a progressé, sa proportion par rapport au PNB du Liban est inférieure en 97 par rapport à 96 et semble beaucoup plus saine que dans les autres pays membres de l’«ESCWA».
En conclusion, le rapport de l’«ESCWA» indique que tous les indicateurs démontrent une progression modeste du développement des pays de la région en 1998, à moins qu’un événement majeur positif ne vienne relancer la machine.
Gérard de Hauteville


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