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Actualités - Reportage

Beau doublé pour 1998 Un petit Larousse entièrement refondu et son CD-Rom

PARIS. — De Mirèse AKAR

Biennal et quinquennal y figurent bien, mais le Petit Larousse ne connaît que les plans décennaux. C’est en effet tous les dix ans que l’on procède à sa refonte complète, touchant 80% de son corpus, et l’événement s’est produit pour l’édition 1998.
L’équipe permanente de quarante lexicographes-maison qui travaillent à sa mise à jour annuelle — ne concernant que 10% de son contenu — a été plus que triplée ces derniers mois, et c’est une brigade de cent trente terminologues, chasseurs de mots historiques — accueillis pour la première fois dans les fameuses pages roses — et observateurs sagaces des célébrités de l’heure — pour la partie noms propres — qui ont pris en compte l’évolution de la langue et du savoir encyclopédique pour élaborer ce nouveau Petit Larousse illustré dont la couverture elle-même a été modifiée. (On est magnanimement autorisé, depuis déjà un nomment, à dire qu’elle a changé de look).

Un air cocardier

Parée de bleu, blanc, rouge, elle a un petit air cocardier que la maison croit pouvoir légitimement afficher, Larousse étant, d’après un sondage, la troisième marque préférée des Français. Quant au Petit Larousse, 99% des Français le connaissent et 70% y ont recours au moins une fois par mois. Il s’en vend un million d’exemplaires par an et s’en est vendu cinquante millions depuis sa création, en 1905. Son ancêtre, un multidictionnaire qui comportait déjà des pages roses, remonte à 1880. En fait d’illustrations, il ne présentait que de modestes vignettes, ce qui était néanmoins révolutionnaire pour l’époque, précise Bertrand Eveno, PDG de Larousse-Bordas, mettant en regard du cru 1998 son précieux exemplaire jauni, aux pages passablement écornées. «Toute personne qui avait décroché son certif avait besoin de ce petit volume pour l’accompagner dans la vie», dit-il.
Avec ses 87000 entrées (59000 noms communs et 28000 noms propres), ses renvois et ses développements encyclopédiques, le Petit Larousse d’aujourd’hui s’adresse à une génération de zappeurs pour lesquels le schéma de navigation placé au début du volume est le bienvenu. Chaque année, le petit jeu de l’automne consiste à débusquer les mots nouveaux qui, pour beaucoup, étaient déjà dans l’air du temps. Particulièrement savoureux sont ceux forgés par les francophones de partout, hors des limites de l’Hexagone. Le québécois foresterie avait, on s’en souvient, fait une entrée remarquée sous la coupole, voici quelques années. A côté d’autres vocables venus de la Belle Province — Fleurdeliser, peinturer, poutine — le Petit Larousse fait désormais une place au surprenant lousse, calqué sans vergogne sur l’anglais loose et qui signifie ample, sans entraves (des chaussures lousses, laisser son chien lousse).

Taboulé

On n’attendait pas moins des Belges Wallons que le terme rattachiste, mais ils donnent également l’administratif barémique — sans doute inspiré des âpres discussions autour des barèmes, à Bruxelles — et le sympathique frotte-manche, pour désigner quelqu’un qui fait du zèle auprès de ses supérieurs. Aux Suisses romands, nous emprunterons baboler (parler indistinctement) et barjaquer (parler pour ne rien dire).

Aucun libanisme dans le tas, même si Larousse compte des observateurs et des rabatteurs au Liban tout comme dans les autres pays francophones. Et cela, m’explique Bertrand Eveno, «parce que les Libanais ne se montrent pas assez inventifs. Ils parlent un français trop châtié!». Ils ont néanmoins donné à la langue française taboulé, un mot prononcé avec gourmandise tous les jours par les milliers de clients des traiteurs, peu soucieux d’acheter un faux taboulé où la semoule, remplaçant le blé concassé, est majoritaire et le persil pour ainsi dire inexistant.
Une version électronique

Le Petit Larousse sera en ligne dans quelques mois mais, en attendant, un autre événement est à marquer d’une pierre blanche: la sortie d’un CD-Rom reprenant ce millésime d’exception que représente sa version 1998. Et il n’est même pas besoin de préciser que la version électronique ne concurrence en rien la version papier.
C’est Liris Interactive, une société créée fin 1995 et devenue d’emblée leader sur le marché électronique du savoir, qui a réalisé ce CD-Rom, sa douzième coproduction avec Larousse. Copiable sur le disque dur d’un ordinateur, il inaugure une nouvelle génération de produits qui pourront dialoguer les uns avec les autres. C’est ce qu’on appelle, en jargon informatique, une politique de brique.
Démarche élémentaire: d’un simple clic de la souris, l’utilisateur peut accéder à une définition du Petit Larousse et procéder à une recherche en texte intégral. Mais un autre type de recherche — thématique, celle-là — permet de faire le tour d’un sujet, de faire surgir un programme d’arborescence, d’obtenir des listes récapitulatives — celle des prix Nobel, par exemple, ou des Expositions Universelles — et c’est là le point fort de ce CD-Rom.
PARIS. — De Mirèse AKARBiennal et quinquennal y figurent bien, mais le Petit Larousse ne connaît que les plans décennaux. C’est en effet tous les dix ans que l’on procède à sa refonte complète, touchant 80% de son corpus, et l’événement s’est produit pour l’édition 1998.L’équipe permanente de quarante lexicographes-maison qui travaillent à sa mise à jour annuelle — ne concernant que 10% de son contenu — a été plus que triplée ces derniers mois, et c’est une brigade de cent trente terminologues, chasseurs de mots historiques — accueillis pour la première fois dans les fameuses pages roses — et observateurs sagaces des célébrités de l’heure — pour la partie noms propres — qui ont pris en compte l’évolution de la langue et du savoir encyclopédique pour élaborer ce nouveau Petit...