Le Brésil a lancé un avertissement sans frais à toutes les sélections qui rêvent de faire chuter le «roi» de la planète football lors du Mondial-98 en France. Sa victoire dimanche lors de la 3e édition de la Coupe des confédérations a été impressionnante.
Le succès final face à l’Australie (6-0) a été l’apothéose d’une montée en puissance perceptible match après match. Mario Zagallo, le sélectionneur brésilien, pouvait afficher un large sourire lors de la conférence de presse d’après-match: sa formation a joué ce football de mouvement qu’il affectionne tant et «qu’elle devra jouer en France».
Des tâtonnements, des essais, il y en a eu. Jamais, au cours des cinq matches disputés par cette sélection dans cette compétition, Zagallo n’a titularisé le même milieu de terrain. Leonardo a ainsi fait les frais de cette réorganisation, tout comme, à un degré moindre, Flavio Conceicao.
Ensuite, après avoir donné sa chance à Gonçalves, et à Celsio Silva il y a quelque mois, le technicien a peut-être trouvé le stoppeur qu’il cherche désespérément: Junior Baiano. Cette montagne de muscle a rassuré par son touché technique et sa relance (encore perfectible) une défense qui avait tendance à se dérégler dès les premières secousses. Les deux buts encaissés en cinq matches témoignent de cet équilibre trouvé «et qui désormais doit se maintenir», a affirmé Zagallo.
Cependant, ce qui a impressionné le plus c’est cette homogénéité, à certains moments terrifiantes pour l’adversaire, que dégage le Brésil, le bagage technique naturel faisant le reste. L’Australie, réduite au rôle de comparse, en a payé les frais.
Ronaldo est un enfant
La première demi-heure de jeu des triples champions du monde a été à cet égard d’une grande qualité. S’appuyant sur un système de jeu (4-4-2) bien rodé, cette sélection, en l’état, dispose de joueurs à la qualité technique, collective et physique irréprochable comme Roberto Carlos et Cafu sur les ailes, Dunga et Denilson au milieu, et bien sûr Ronaldo et Romario sur le front offensif.
«Quand on dispose de tels joueurs, je donne les grandes lignes de la tactique. Après, ils disposent de toutes les largesses qu’ils désirent», a indiqué le technicien. «On m’a critiqué dernièrement sur le pourquoi de la titularisation de Ronaldo (qui n’était pas en grande forme). Ronaldo est un enfant que l’on doit chérir et surveiller. Le laisser sur le banc est une trop grosse responsabilité. Ce joueur-là doit jouer pour trouver le rythme et les faits m’ont donné raison. Tout comme Romario».
«Ce soir (dimanche), les joueurs ont touché du doigt ce qu’il faut faire pour remporter la Coupe du monde. Le chemin est tracé. Il faut désormais le suivre», a-t-il poursuivi.
Le coup de semonce du Brésil en direction de ses adversaires potentiels pour le Mondial-98 a été brutal, même si l’Australie n’a pas la même qualité que l’Italie, l’Allemagne ou la France, d’autant plus que des joueurs comme Edmundo, Mauro Silva, Dodo, ont été volontairement écartés de cette compétition. (AFP)


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