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Actualités - Chronologie

Marées en labo

Un laboratoire, installé au pied des Alpes (est de la France) teste sur une maquette géante les effets des marées de la Manche sur le Mont-Saint-Michel, à la recherche d’une solution pour préserver le site, classé au patrimoine mondial par l’Unesco, d’un ensablement total.
«La baie se comble graduellement au fil des siècles, les herbus s’implantent et si on laisse faire, on risque de retrouver le Mont-Saint-Michel au milieu des prés», explique Jean-Pierre Morelon, ingénieur général des ponts et chaussées, chef du projet de protection du site.
L’opération est un partenariat entre l’Etat et un syndicat régional pour le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel, petite île au large de la Normandie, avec abbaye bénédictine gothique, reliée au continent par une route sur digue. Des marées de très forte amplitude sur un rivage très plat entourent très rapidement le Mont.
A Grenoble, le laboratoire SOGREAH d’hydraulique analogique a reconstitué dans un vaste hangar la maquette géante de la baie. Dans un bassin alimenté par des vannes qui contrôlent le débit, l’eau monte comme la marée, puis recule, laissant sur le sable derrière elle, autour d’une réplique miniature du célèbre édifice, les mêmes traces que sur le terrain.
«Nous simulons quarante marées par jour», explique un ingénieur.
Régulièrement, un écho-sondeur à ultra-sons, monté sur un portique, mesure les changements produits.
«La maquette est rigoureusement à l’échelle», précise Olivier Cazaillet, chef du laboratoire. Le sable très fin, la tangue, est remplacé par de la sciure de bois traitée, le sable fin par des brisures de nacre, afin de retrouver les propriétés mécaniques à cette échelle.

Chasse
d’eau

Sur la base des observations conduites en 1975 puis en 1997 sur la morphologie et l’évolution de la baie du Mont-Saint-Michel, les ingénieurs ont créé un modèle de fonctionnement, simulant les courants d’eau et leur action sur les obstacles qu’ils rencontrent.
Le laboratoire SOGREAH, spécialiste depuis 1920 des études hydrauliques, «est pratiquement le seul au monde à disposer du savoir-faire pour mener de telles études sur un modèle miniature», explique M. Cazaillet.
«On sait recréer les conditions d’évolution d’une zone, les phénomènes hydrauliques, les mouvements de sédiments qui s’y produisent, afin d’étudier les dépôts et l’érosion qui en résultent», ajoutent-t-ils.
«L’ensablement de la baie est un phénomène naturel, accentué par des interventions humaines», explique Jean-Pierre Morelon. «Pour préserver le caractère du site, il faut prendre des mesures. mais nous ne voulons pas jouer à l’apprenti-sorcier, d’où les essais en laboratoires», déclare-t-il encore.
SOGREAH fera également des prévisions à long terme, en fonction des connaissances acquises, et des simulations sur les projets d’aménagement.
Il s’agit de supprimer la route digue, créée en 1879, qui gêne le mouvement des marées, et de permettre au Couesnon, fleuve côtier entravé par un barrage, et aux ruisseaux la Guintre et le Landais, de jouer leur rôle de chasse d’eau pour évacuer les sédiments.
Les parkings, actuellement installés sur le sable, seront ramenés sur terre en 2002 et des navettes achemineront vers le rocher du Mont-Saint-Michel les trois millions de visiteurs qu’accueille chaque année la baie. (AFP)
Un laboratoire, installé au pied des Alpes (est de la France) teste sur une maquette géante les effets des marées de la Manche sur le Mont-Saint-Michel, à la recherche d’une solution pour préserver le site, classé au patrimoine mondial par l’Unesco, d’un ensablement total.«La baie se comble graduellement au fil des siècles, les herbus s’implantent et si on laisse faire, on risque de retrouver le Mont-Saint-Michel au milieu des prés», explique Jean-Pierre Morelon, ingénieur général des ponts et chaussées, chef du projet de protection du site.L’opération est un partenariat entre l’Etat et un syndicat régional pour le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel, petite île au large de la Normandie, avec abbaye bénédictine gothique, reliée au continent par une route sur digue. Des marées de...