L’ancien chef de guerre tchétchène Salman Radouïev a menacé d’«exécuter» le président russe Boris Eltsine, qui a prévu de se rendre le mois prochain en visite dans cette république sécessionniste du nord du Caucase.
M. Eltsine a été condamné à «la sentence la plus lourde qui soit» par «la Cour suprême de la charia au Caucase», a affirmé M. Radouïev, connu pour ses positions extrémistes, au cours d’une réunion publique devant 3.000 personnes à Grozny, capitale de la Tchétchénie. Le président russe avait envoyé des troupes en Tchétchénie en décembre 1994 pour réprimer le soulèvement en faveur de l’indépendance.
Dans un communiqué, le Kremlin a répliqué que le discours de Salman Radouïev était «destiné principalement à ruiner le dialogue entre Moscou et Grozny et à aggraver la situation dans tout le nord du Caucase».
Les propos de Radouïev montrent que les «terroristes» continuent d’agir dans l’impunité en Tchetchénie, a ajouté le Kremlin en espérant qu’ils donneraient lieu à une réponse «satisfaisante» des autorités tchétchènes.
Boris Eltsine a exprimé le projet d’effectuer en janvier sa première visite en Tchétchénie depuis la fin de la guerre en août 1996 entre l’armée russe et les indépendantistes de cette république sécessionniste du Caucase russe.
Mais le Kremlin affirme que cette visite aura le caractère d’un déplacement dans une région de la fédération russe. La Tchétchénie estime au contraire avoir gagné son indépendance en chassant l’armée russe, et elle vit depuis, de fait, hors de toute influence de Moscou. (AFP)

