Les circonstances de la mort de la princesse de Galles, tuée dans un accident de voiture à Paris alors qu’elle était poursuivie par une nuée de paparazzi, avaient provoqué une vague d’indignations à l’égard des médias, sans précédent en Grande-Bretagne, où la liberté de la presse reste un principe sacro-saint.
Depuis plusieurs années déjà, des voix se sont élevées pour demander une intervention législative, devant l’invasion de plus en plus systématique de la vie privée des célébrités, en dépit de l’existence d’un premier code de conduite de la profession.
«Les vieilles habitudes devaient changer» après l’ampleur des protestations contre les comportements de la presse, estime vendredi le Daily Telegraph. Le journal souligne que le nouveau code est «une bonne chose», d’abord et avant tout «parce qu’il institue pour la première fois le principe général du droit à la vie privée».
A en croire Lord Wakeham, le président de la Commission des plaintes sur la presse, chargée d’en assurer l’application, le code, qui prendra officiellement effet le 1er janvier prochain, sera «le plus dur d’Europe».
Mais, comme pour l’ancien code, la Commission ne dispose d’aucun pouvoir de sanction. Tout juste peut-elle exiger que ses commentaires sur les plaintes qui lui sont adressées soient publiés par les journaux mis en cause.
Le Daily Telegraph estime que la Commission devrait être dotée du pouvoir de condamner à des amendes ceux qui violeraient de manière grave et répétée le code.
Le nouveau code
Vendredi matin, la presse tabloïde, à l’origine des atteintes à la vie privée les plus graves ces dernières années, évoque à peine l’introduction du nouveau code. En revanche, elle étale sur plusieurs pages l’interview qu’auraient accordé la princesse et son ami Dodi al-Fayed peu avant leur mort, publiée jeudi par l’hebdomadaire français Paris Match.
Les changements les plus importants instituées par le nouveau code touchent au respect de la vie privée, au harcèlement, au respect du deuil des individus et à la protection des enfants ainsi qu’à la définition de l’intérêt du public à être informé.
Le nouveau code rappelle que chacun a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile, de sa santé et de sa correspondance. Il apporte une nouvelle définition du lieu privé, assimilé à «un bâtiment public ou privé où un degré raisonnable d’intimité est attendu».
Sur la question du harcèlement, le code bannit toute poursuite insistante d’une personne et renouvelle ses recommandations aux directeurs de publications, sur lesquels repose la responsabilité de vérifier que les documents fournis par des sources extérieures ont été obtenus dans un cadre respectueux du code de conduite.
Le code de conduite recommande par ailleurs d’exclure tout paiement d’informations à des mineurs. (AFP)


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